Médecine Mexicaine

Médecine traditionnelle Mexicaine

Que nous dit  C. Brelet dans Médecines du Monde ?

« Selon les Aztèques, Ometeotl est à l’origine du monde qui se fond en lui.
Ce principe double, masculin (Ometecuhtli) et féminin (Omecihuatl), omniprésent et omniscient, à la fois père et mère de quatre divinités, ou forces cosmiques intéractives, soutient la Terre depuis son ombilic.
La cosmologie Aztèque est marquée par Tezcatlipoca (ou le Miroir fumant), représenté par un miroir d’obsidienne noire symbolisant le ciel nocturne et l’air ; et de Quetzacoatl, le serpent à plumes de couleur blanche, bienfaiteur de l’humanité.
Le premier dieu né de cette cosmogenèse est le Tezcatlipoca de couleur rouge et identifié à l’élément Feu, à l’Est et à sa région rougeoyante au lever du jour.
Le second dieu, le Tezcatlipoca de couleur noire, représente l’élément Terre, la nuit et le pays des morts situé dans la région du Nord.
Le troisième, Quetzacoatl, aurait remplacé le Tezcatlipoca blanc, dont il aurait conservé la couleur, identifié à l’élement Vent, il symbolise l’Ouest et la vie féconde.
Le quatrième, Omtecitl, ou le Tezcatlipoca de couleur bleue, symbolise le Sud et l’élément Eau.
C’est à ces deux dernières divinités que furent confiées la création du feu et celle du tout premier couple humain.
Ces dieux ordonnèrent au premier homme, Oxomoco, de labourer la terre et à sa femme, Cipactonal, de filer et tisser sans jamais prendre de repos.
Cipactonal reçut cependant d’eux les graines de certaines plantes avec lesquelles elle pourrait pratiquer le guérissage et la divination.
Ces dieux créèrent les jours et les nuits répartis en année de 18 mois.
Selon la cosmologie aztèque, après avoir connu quatre périodes successives ou quatre soleils dominés par l’une de ces divinités ou forces cosmiques qui se disputent la gouvernance du monde, l’humanité vit actuellement l’époque d’un cinquième soleil qui, à l’instar des précédents, doit se terminer par des cataclysmes. »

Wikipédia explique :

« Selon une version[2], les cinq soleils furent :

    * Nāhui-Ocēlōtl « Quatre-jaguar » Ocelotonatiuh ("Soleil du jaguar"). Les hommes furent dévorés par les jaguars, symboles deTezcatlipoca.
    * Nāhui-Ehēcatl « Quatre-vent » Ehecatonatiuh ("Soleil de vent"). Quetzalcoatl, dieu du vent et rival de Tezcatlipoca, fit souffler une tempête magique et les hommes furent métamorphosés en singes.
    * Nāhui-Quihahuitl « Quatre-pluie » Quiauitonatiuh ("Soleil de pluie"). Tlaloc, dieu de la pluie bienfaisante mais aussi dieu terrible de la foudre, détruisit cet univers en le submergeant sous une pluie de feu.
    * Nāhui-Ātl « Quatre-eau » Atonatiuh ("Soleil de feu[réf. nécessaire]"). Placé sous le signe de Chalchiuhtlicue, il s'acheva en un déluge de 52 ans. Un homme et une femme furent sauvés mais, ayant désobéit à Tezcatlipoca, ils furent transformés en singes.
    * Nāhui-Ollīn « Quatre-tremblement de terre » est le cinquième et dernier soleil et il doit s'effondrer dans des séismes. Les Tzitzimime, monstres squelettiques qui hantent à l'occident les marches de l'univers, anéantiront l'humanité. Rien ne garantissait le retour du soleil et des saisons aussi la mission des Aztèques consistait a repousser l'assaut du néant. Ils fallait fournir au Soleil et aux autres divinités "l'eau précieuse".

Selon une autre version, le Codex Vaticanus A, les cinq soleils furent : Matlactli Atl, Ehecoatl, Tlequiyahuillo, Tzontilic, Ollin Tonatiuh. »

« Selon la mythologie aztèque, le sang humain (l'« eau précieuse ») était nécessaire au dieu soleil Huitzilopochtli pour pouvoir continuer à exister. Les sacrifices humains étaient donc courants. On sacrifiait également en l'honneur d'autres dieux. »

Les sacrifices avaient donc pour but d’alimenter un soleil condamné d’avance.

Revenons à Médecines du Monde :

« La médecine, à l’égal des autres traits culturels se fondait sur la divination par les astres.
Dès la naissance d’un enfant, le tonalpouhqui, un prêtre-astrologue, était chargé de vérifier si le signe sous lequel il venait sur Terre était faste ou non.
Pour ce faire, il consultait le livre sacré conçu par Quetzacoatl, le dieu savant.
L’interprétation de ce calendrier oraculaire était fondamentale.
Régi par le panthéon Nahuatl, il prédéterminait le destin de chacun.
Naître en un jour faste assurait un destin heureux.
Naître en un jour néfaste indiquait qu’en cas de maladie, il n’y aurait d’autre issue que la mort.
Cependant, le destin pouvait être redressé afin de prendre la direction désirable à l’aide de rituels…
L’une des planches du Codex Vaticanus montre que chaque jour de l’année correspond à une partie du corps.
Les prêtres-médecins utilisaient ce type de schéma afin de connaître la cause de la maladie et les moyens de la guérir.

Dans la société aztèque, la maladie est avant tout une lésion cosmique infligée à un grand corps collectif, celui que constitue la société dans son ensemble.
La maladie est vécue en fonction du rejet qu’elle est supposée provoquer de la part des dieux et induit une profonde panique existentielle chez les aztèques, jusqu’à prendre la dimension d’une angoisse cosmique.
C’est une sanction venue des dieux bien pire que la mort.
L’homme ne peut guérir que s’il découvre les raisons pour lesquelles il a perdu leur confiance, d’où la part importante accordée à la divination mystique dans l’établissement du diagnostic. »

« Les aztèques savaient réduire les luxations et fractures.
Sahagun mentionne aussi leur expertise dans les massages.
Les Aztèques auraient pratiqués une forme de réflexothérapie cutanée.
Les aztèques ne répugnaient pas à recourir fréquemment à la saignée (…) et à la trépanation.

La classification des plantes se fonde sur l’analogie parfois très secondaire ou encore de simples attributs communs.


Le livre de M. Pédron, est aussi une excellente introduction.

« La maladie, cocolis, était conçue comme un déséquilibre entre le corps physique, spirituel et émotionnel.
Ils distinguaient ainsi les trois centre vitaux : la zone de la tête (tonalli) d’où émane la fonction psychique rationnelle ; le cœur (teyolia) d’où surgissent les sentiments ; et le foie (iyiyotl) d’où émanent les passions.
Selon les Aztèques, l’équilibre des trois est nécessaire pour qu’une personne soit saine.

Ils classifiaient les maladies en deux types distincts : les maladies dites naturelles, d’ordre physique ou organique et les maladies dites surnaturelles d’ordre mental ou émotionnel.

La maladie pouvait aussi être une punition des dieux ou un acte de vengeance-sorcellerie.
Dans le cas où la maladie tait jugée grave ou inexpliquée, on avait alors recours au curandero, qui se chargerait de diagnostiquer la maladie (grâce aux rêves et visions, mais aussi grâce au pouvoir de divination de certains guérisseurs).
Il était coutume d’utiliser à cet effet des grains de maïs ou de haricots (leur position dans un verre rempli d’eau donnait une indication sur la gravité de la maladie).

Dans leur concept de la maladie, les thérapeutes traditionnels ont coutume de distinguer les maladies dites froides et les maladies dites chaudes, les plantes froides et les plantes chaudes.

En général on utilise une plante froide pour soigner une maladie chaude et inversement.

Le temazcal, bain de vapeur, est un rituel mystique qui nous met en rapport avec l’immensité de l’univers, en associant les quatre éléments fondamentaux de toute vie terrestre : l’eau, le feu, la terre et l’air. »

Pour la médecine traditionnelle mexicaine (MTM), la santé est un état d’équilibre interne entre le corps, la psyché et l’esprit qui dépend de l’état d’harmonie externe avec les autres êtres humains, la nature, le cosmos.
La maladie est la rupture de l’équilibre froid-chaud dérivé du comportement individuel et des relations sociales, environementales et spirituelles.
Les causes de la maladie sont provoquées par n’importe quel élément ambiant (sorciers, animaux, objets, planètes,…).
Réciproquement, l’état de l’individu peut affecter le milieu avoisinant.

La MTM se penchera sur le patient et sa famille, voir la collectivité.
Elle utilisera des substances naturelles de qualités froide ou chaude pour mobiliser le souffle vital.

Pour la MTM , l’être humain est un tout que l’on ne peut séparer : corps, esprit et mental sont indissociables.
L’être humain est connecté aux quatre éléments, aux objets, aux personnes, aux planètes, au cosmos.
Les différents éléments de la nature possèdent une vie et sont sacrés.
Il faut vivre en harmonie avec les lois de la Nature.
Dans la cosmovision mésoaméricaine , le monde est formé par deux zones : le Ciel et l’inframonde.
Entre l’homme et la femme il y a différence et complémentarité.
Si le monde est en deux parties, il a aussi quatre directions, chacune représentée par un dieu protecteur, une couleur, un animal, …

1. LE CHAUD ET LE FROID :

La dualité du monde est représentée par les notions de Froid et de Chaud.

Cela implique la nécessité d'un équilibre corporel: le neutre.

Mais le froid et le chaud d'une plante n'est pas nécessairement lié à la température réelle des choses.

Une substance est considérée en général comme froide selon ses rapports avec l’eau ; et chaude selon ses rapports avec le soleil ou la forte énergie qu’elle dégage.
Ainsi les animaux vivants dans l’eau seront considérés comme froid.
Attention cependant : la glace brûle les plantes, elle est don considérée comme chaude !
Le froid est du domaine de le terre et de l’eau ; le chaud du ciel (air, feu).
Tout ce qui a rapport a la nuit est froid.

Dans un organisme, certaines parties sont chaudes et d’autres froides.

La maladie est la perte d’équilibre, le dépassement du chaud sur le froid ou inversement.
Les maladies froides sont liées à une intrusion d’un corps étranger.
L’altération de la motricité, de la pensée est froid.
La douleur est une sensation classée comme froide, l’irritation-inflammation comme chaude.
Les maladies chaudes sont visibles facilement de l’extérieur (éruptions, fièvre) au contraire des froides, interne (cancer)…

Le corps humain est considéré comme une version en miniature de l’Univers.
Le diaphragme correspond à la superficie de la Terre, les aires du cœur aussi.
Le foie et les parties inférieures du corps correspondent à l’Inframonde ; la tête et le bras représentent le Ciel.
Ainsi, le cœur correspond au Soleil, le foie à la Lune.

Le microcosme et ses correspondances astrologiques sont biens établies en MTM : chaque partie du corps est reliée à un jour, une constellation.

En fonction du corps céleste auquel est lié un organe, il sera classé comme plus chaud ou plus froid.
La tête est plus chaude que les pieds : le coeur est plus chaud que le foie…

Si un organe devient plus froid que chaud c’est que l’inframonde prend le dessus.


2. ETHNOPHYSIOLOGIE :


Pour les Maya, le corps, le mental et l'esprit ne sont pas séparés.
La personne se manifeste par un corps physique (Kukut) qui reflète le cosmos (quatre directions et un centre) et réagit par les éléments de la nature, les cinq éléments Maya: terre, eau, feu, air (vent) et la lumière.
Ces éléments qui le façonnent se manifestent aussi comme des entités subtiles qui permettent à ce corps d'intéragir avec les différents niveaux ou plan du cosmos.

Cette intéraction se réalise dans un espace délimités par quatre côtés et dont le mouvement est opposé aux aiguilles d'une montre.

L'individu fait partie pour les Maya de l'environement.
Il est constitué des mêmes éléments que le monde parce que les hommes  sont des êtres cosmiques.

De ce fait, la personne est composé d'un corps physique structurée comme l'univers donc avec une partie positive (droite, masculin) et une autre négative (gauche, féminin) qui se repète pour chaque zone du corps.

La personne se manifeste simultanément sur le plan physique (les parties du corps sont contrôlées par les cinq éléments de la nature) et sur des plans subtiles (la personne étant emboitées dans des couches superposées appelées sombras).
Il y a cinq centres ou plexus reliant les hommes avec l'extérieur.

Les composants physiques et tangibles sont liés à  des composants subtiles appelés entités.

Le corps physique est appelé kukut qui est un terme qui désigne aussi la pellicule, la surface et le verbe recouvrir.

La personne est de nature duelle et elle vit dans un espace carré doté d'un centre: l'ordre conçu par les dieux.

Chaque entités de l'indivdu résonne avec un plan de l'univers.

La partie féminine de l'individu est le centre - représenté par un petit cercle - et la partie masculine est le carré.

L'homme est dans un mouvement passant par quatre étapes alors que la femme est dans un mouvement de trois étapes.

Pour les Maya actuels, la personne est composée du corps (wiinkilil), de l'âme (pixan) et de l'esprit (ool).

Le ool c'est l'esprit en tant que volonté.
Il est appelé le coeur formel en contraste avec le coeur matériel.

Pour les Maya il y a deux âmes: le pixan et le ool.
Le ool peut sortir du corps.
Il est présent chez l'homme mais aussi chez les végétaux.
Le ool c'est aussi la force vitale.
Il s'obtient par la respiration et atteint le coeur puis l'ensemble du corps.
A la mort, le ool se dégage comme une vapeur chaude.

Il y a donc la moëlle de la personne: ool, le cucutil ou corps physique, le pixan (enveloppant les autres) ou âme.

Pour les Maya, une maladie affectant les éléments subtiles provoque une atteinte du corps physique et inversement.

Mais il y a encore un autre plan, un autre corps qui compose l'indiidu et qu ne se retrouve que chez l'homme à la différence de l'ool qui habite les animaux et les plantes, mais aussi toute la création.
C'est le ch'ulel: l'esprit immatériel, infini, indestructible et immortel.

Pour terminer sur la constitution subtile de l'individu  je ferrais une synthèse.

Le corps le plus subtil est in'han, le corps spirituel, qui signifie Etre, Soi de lumière.
Ensuite il y a l'âme pix'han qui veut dire forme du Soi, de l'Etre.
Elle contient les autres corps.

Le cops-Esprit est vierge et a besoin de l'âme pour expérimenter la dualité.

Hol K'uh est le corps mental appelé Mental du Soi.
Il reçoit les émotions pour les transformer en pensées, en décisions et actions.
Il contient l'ensemble de nos croyances qui forment notre personnalité, l'Ego.

Il y a aussi le corps émotionnel, que l'on peut appeler aussi Astral et qui en Maya est définie par ki k'uh. C'est le Coeur du Soi.
Il reçoit les émotions et les sensations du corps physique et du corps éthérique.

Sakal k'uh est le Soi qui resplendit, c'est le corps d'énergie.

Le corps physique est l'énergie dense de la troisième dimension qui est l'Etre en vibration constante.


Au Mexique les populations ont l'habitude d'associés une âme à un des trois organes que sont le cerveau, le coeur et le foie.

Le cerveau correspond au Monde supérieur, le coeur au monde intermédiaire et le foie au monde inférieur.
Le cerveau c'est le plan Mental, le coeur est plutôt le plan énergétique et le foie correspondrait au plan astral.
Le foie étant le siège des passions, des désirs inconscients, etc...

Intéressons-nous maintenant à la thèse, toujours de J.H. Lopez intitulée: La salud de la Tierra.

Nous y retrouvons ce qui a été dit, c'est à dire que chez les Maya , l'Homme est une partie de la nature et le respect de l'ordre naturel permet d'être en bonne santé et de conserver les ressources naturelles.
Si la Terre est en bonne santé, ses habitants peuvent l'être aussi.

Les Maya perçoivent le monde comme un espace carré, délimité par quatre côté et possédant un point central.
En respectant les lois de la Nature, l'Homme maintient un équilibre, une harmonie.

Dans les communautés Maya actuelles, les personnes possédant un savoir obtenu de génération en génération sont appelés: h'menoob.
De par ce savoir ils peuvent réaliser des cérémonies, soigner des maladies d'ordre supernaturel,...

L'auteur a rencontré un de ces h'men: don Pedro Ucan Itza

La santé, chez les Maya, est perçue comme un tout dans lequel les parties sont en relations harmonieuses.

La médecine traditionnelle Maya inclue dans la santé, le corps, le mental et l'esprit (conscience) qui doivent être en accord, dans un équilibre de qualités duelles et opposées (chaud-froid, masculin-féminin, droite-gauche).

L'individu possède trois croix.

La croix principal est située au niveau du ventre et son centre n'est pas l'ombilic mais le tipté.

Il y a trois principes vitaux ou entités animiques: pixan, ool et kinam.
Il s'agit de forces vitales.

Le pixan est une force vitale qui s'introduit dans le corps durant "el embarazo".
A la mort cette force abandonne le corps pour aller dans le monde des morts pour se réincarner ensuite dans une autre personne.
Le terme qui s'en rapproche est l'âme.
Cette âme siège dans tout le corps mais principalemen dans la tête.

Le ool s'obtient avec la respiration et prend place au niveau du coeur.
Du coeur, cette force vitale gagne l'ensemble du corps au moyen du sang.
Le terme le mieux attribué pour le décrire est le souffle vital, l'impulsion vitale qui influe sur l'état de santé physique et émotionnelle.
Les affections les plus courantes du ool sont les mal aires qui proviennent des sites archéologiques.
Il y aussi le mal de ojo provoqué par un être ayant un fort ool et qui agit sur celui d'un individu au ool faible comme les enfants.
Le ool peut sortir du corps durant le sommeil et à la mort elle se dissipe comme un air chaud.

Le kinam est comme un fluide spécial qui émane des personnes de nature chaude ou aux mains chaudes (choco cab).
Ces personnes sont les plus aptes à provoquer le mauvais oeil chez les enfants surtout.

Il existe un autre concept associé à une énergie ancestrale, k'awil, la force spirituelle des ancêtres, la substance qui provee la divinidad pour sustensar la vie, la force spirituelle du sang.
C'est une sorte de divinité.

Pour les Maya , la santé est un état d'équilibre en mouvement, dynamique alors que la maladie est une rupture.
L'équilibre est celui du froid et du chaud.

Les maladies dites naturelles sont toutes de types physique, comme le déséquilibre du chaud et du froid, le vent, les aliments et habitudes alimentaires, les mouvements brusques, l'excès de travail, etc
..

Les maladies surnaturelles se caratérisent par la présence de vientos comme agents causales.
Le viento peut être la vie même, l'animo et l'air.
Les vientos affectent spécialement le sang, le cerveau , l'estomac et les articulations: ils affectent donc le tip té et le ool.

Il existe 50 points de ponctions constituant une véritable acupuncture maya.


3. LES DIAGNOSTICS :

Donc le corps est un microcosme qui possède un axe : la colonne vertébrale.
Le corps humain et l’Univers fonctionnent en synchronies.

Le Ciel est divisé en 20 quadrants (comme nos 12 constellations), chacune représentant une concentration particulière de forces cosmiques.
Les positions des corps célestes au moment de la conception puis de la naissance définit la destinée ou plutôt les tendances des êtres.
La lecture des cartes célestes rend possible la connaissance des activités somatiques et psychiques…
Elles peuvent être modifiées par la conduite de cérémonies, de purification,…

Le diagnostic se fait par les yeux (la pulsation du cœur y est décelable) ; la prise du pouls ; l’étude des rêves, la divination par les œufs, les bougies ; la prise de plantes sacrées favorisant la transe ;…

Les rêves sont interprétés selon trois principes:

- le rêve peut représenter l'envers de ce qui arrivera à l'état de veille;
- il peut être une image métaphorique de ce qui arrivera plus tard;
- il peut être la représentation directe d'évèneents futurs.

Ces trois formes d'interprétations sont enseignées au candidat chamane au cours de son apprentissage.

Il y a aussi les rêves qui indiquent le cheminement de l'alter ego, de l'esprit de l'animal correspondant à tout homme.
L'alter ego est cette part animale de l'homme qui est sencée le protéger.

Enfin le rêve peut-être l'expression de la partie féminine du dieu androgyne Chorti chez l'homme et de la partie masculine de Chorti chez la femme.

Pour approfondir la connaissance sur les moyens de diagnostics, passons en revue les principaux chamans-guérisseurs Maya de la littérature.

Grimberg zymbelbaum J. sera la principale source écrite.

"Les anciens Mayas les appelaient Zaz tun.
Pour les psychologues autochtones se sont les boules de divination.
Les anciens les taillaient dans du cristal de roche et s'en servaient pour Voir ce que les yeux ne pouvaient voir.

Elles commencent par se connecter à leur possesseur; mais si celui-ci ne leur insuffle pas assez d'énergie, elles le quittent , ce qui peut devenir très dangereux.
Les boules dûment chargées deviennent transparentes et révèlent à leur propriétaire un monde de présages dans lesquels il peut voir l'avenir de ses patients et diagnostiquer les maladies.
Inversement lorsqu'il ne leur apporte pas assez d'énergie , elles perdent leur transparence et leur pouvoir."

L'auteur rencontre Don Rach Pech.


L'un de ces guérisseurs, Don Rach Pech, m'impressionna
par ses techniques de soin, par la précision de ses
diagnostics et par l'efficacité de ses méthodes thérapeuti-
ques. Pour toutes ces raisons, je souhaiterais consacrer ce
chapitre à l'étude de ce psychologue autochtone.
Nolus possédons maintenant assez de renseignements
sur les anciens Mayas pour affirmer que ceux-ci
employaient des methodes très semblables à celles de
l' acupuncture chinoise. Parmi les chamans maya que j'ai
rencontrés, au moins deux d'entre eux Don Lorenzo et
Don Rach Pech, utilisent des techniques d'acupuncture
heritees de leurs maîtres, lesquels à leur tour les avaient
heritees des leurs, et ainsi de suite en une chaîne continue
remontant aux premiers Mayas.

Don Lorenzo est specialise dans l'acupuncture de la
tete. Pour effectuer son travail, il se sert d'une dent de
crotale préalablement lavée et stérilisée afin que ne
subsiste aucune trace de venin. A l'aide de cet instrument
naturel, il repère sur la tête du patient les zones qui
nécessitent un traitement et les pique en différents
endroits jusqu'à l'os crânien, traversant le cuir chevelu et
provoquant une libération symptomatique.
Pour plusieurs raisons, même si la technique de Don
Lorenzo ressemble à l'acupuncture traditionnelle, on ne
peut la considérer comme telle. En premier lieu, il
n'utilise pas d'aiguilles métalliques comme dans celle-ci;
ensuite, il applique sa dent de crotale sur des points qui
ne semblent pas fixes mais correspondent plutôt à des
zones à problème, qu'il pique librement - du moins en
apparence - dès qu'il les a localisées.
Lorsque j'ai demandé à Don Lorenzo quelle était sa
méthode pour repérer ces zones d'application, il m'a
répondu que c'était le malade lui-même qui les lui
désignait, en fonction des symptômes qu'il ressentait et
des douleurs internes qu'il parvenait à situer sur sa boîte
crânienne. En d'autres termes, un patient se rendant à
une consultation de Don Lorenzo parce qu'il souffre d'un
mal quelconque, montre la partie de sa tête qu'il sent
affectée, et c'est sur cette zone que Don Lorenzo effectue
ses piqûres.
La technique utilisée par Don Rach Pech ressemble
beaucoup à celle de Don Lorenzo en ce sens que, pour lui
aussi, il ne semble pas exister de points fixes comme dans
l'acupuncture chinoise, mais plutôt des parties du corps
spécifiques. A la différence de Don Lorenzo, Don Rach
Pech se sert d'une aiguille métallique.
En observant le champ de travail de Don Rach Pech,
j'ai pu constater que les zones d'acupuncture qu'il cou-
vrait sont la tête, le cou et les épaules, les bras, le dos et
les mollets. Il applique ses aiguilles sur ces régions en
fonction des symptômes particuliers de chaque patient.
Ainsi, dans un cas de douleurs rénales nécessitant un
travail d'acupuncture, Don Rach Pech pique plusieurs
endroits du dos à la hauteur du rein.

Don Rach Pech a souffert d'un traumatisme émotionnel
très intense lorsqu'il a appris, il y a de cela peu de temps,
la mort tragique de ses frères. La répercussion somatique
de cette nouvelle a été telle qu'il en est devenu aveugle.
A ce sujet, il est intéressant de signaler qu'une grande
chamane-nahual mexicaine, Doña Pachita, a connu le
même phénomène de somatisation quand son fils a été
assassiné au cours des événements de 1968. Comme Don
Rach Pech, le traumatisme lié à ce malheur familial l'a
rendue aveugle.
Don Rach Pech reçoit ses patients dans un cabanon
situé aux abords de son village. Le lieu est meublé en tout
et pour tout d'un hamac, sur lequel s'assied le chaman, et
d'une petite table placée à sa gauche. Le malade prend
place devant lui sur un banc étroit, de sorte que patient et
thérapeute se trouvent face à face.
Sur la table est posée une petite boîte en fer-blanc
cabossée, destinée à recevoir de minuscules morceaux de
paraffine que l'assistant de Don Rach Pech dépose de
temps en temps sur ordre de son maître. Don Rach Pech
accueille ses patients ainsi, accompagné d'un feu qui
brûle dans la boîte de paraffine.
Ce chaman prétend que le feu est la seule chose qu'il est
encore capable de percevoir, et que c'est précisément par
l'observation des flammes qu'il établit son diagnostic.
Voici un exemple d'une consultation chez lui.
Un client pénètre dans le cabanon. Don Rach Pech
l'invite à s'asseoir sur le banc en face de lui et s'enquiert
de ce qui le fait souffrir. Ensuite, il demande à son
assistant de mettre la paraffine dans la boîte en fer et de
l'enflammer. Durant toute la consultation, Don Rach
Pech reste attentif aux flammes de la boîte et tient à la
main un rameau de rue qu'il applique en différents
endroits du corps de son patient. C'est en observant le feu

et en touchant le corps du malade qu'il effectue son
diagnostic.
Ayant été directement témoin de cette scene, J'ai pu
noter que lorsque le chaman touche par exemple la tête
du patient, le feu prend soudain des aspects directement liés
à cette partie du corps.
Avec l'idée de vérifier l'exactitude du diagnostic de
Rach Pech je me suis soumis à un traitement par acupuncture
après avoir subi une consultation préalable.
Sans lui parler de mes symptomes, je l'ai laissé touché différentes parties de mon corps.
A ma grande surprise, alors qu'il atteignait mon rein gauche,
il me signala d'un ton assuré que j'avais mal à cet endroit.
La même chose se répéta pour d'autres zones corporelles.
Mais le plus étonnant encore , outre cet incroyable talent de diagnostic
furent les informations qu'il me donna sur certains aspects de ma vie.

Dona Sara du Quintana Roo:

Les gens de son quartier viennent la consulter avec
leurs parents et amis pour lui exposer leurs maladies,
leurs problèmes, et leur désir de voir leur situation
s'améliorer. Ses clients les plus fidèles sont surtout les
jeunes, que leurs mères amènent pour faire soigner
diverses maladies infantiles. Grâce à l'argent de ses
consultations, Doña Sara a pu survivre et même se faire
construire une maison pour y loger ses sept enfants, qui
l'aident dans les tâches ménagères mais sont encore
entièrement à sa charge.
Leurs relations familiales sont placées sous le signe
d'une harmonie profonde et d'un grand respect des
enfants vis-à-vis de leur mère, comme s'ils comprenaient
l'immense effort accompli par Doña Sara pour les nourrir
convenablement et les garder en bonne santé. En réalité,
sa fille aînée habitant le plus souvent chez une de ses
tantes à Merida, c'est la cadette de seize ans qui s'acquitte
des travaux domestiques, aidée par ses frères et sœurs.

Techniques de diagnostic

Lorqu'elle reçoit des patients en consultation, Doña
Sara utilise au moins trois différentes techniques de
diagnostic.
La première est la « veillée ››. A cette occasion, elle
allume une chandelle et l'observe tout en parlant avec son
malade et en écoutant les symptômes qu'i1 décrit, ce qui
lui permet d'établir une relation d'égal à égal avec lui.
Selon les mouvements, la coloration et la hauteur de la
flamme, elle établit le diagnostic de sa maladie ainsi
qu'un pronostic sur sa possible évolution.
La seconde technique est la lecture des cartes. Par des
procédés qui n'ont rien d'autochtones et que, par consé-
quent, je n'analyserai pas en détails, Doña Sara tire les
cartes et, à partir de leur interprétation, prend connais-
sance de l'état de santé du malade.

Le troisième et dernier procédé employé par la guéris-
seuse est la perception directe. Dans ce domaine, cepen-
dant, elle se considère encore comme une apprentie et
voue une grande admiration à son maître Don Panchito,
qui sait détecter les souffrances par voie directe, avec
pour seuls instruments son corps et sa propre perception.
Doña Sara affirme qu'elle commence à savoir réaliser
ce genre de lecture, mais qu'il lui faut encore se servir
d'intermédiaires comme les flammes des bougies et les
cartes pour être sûre de ses diagnostics.
La veillée est une technique excessivement intéressante
sur laquelle je reviendrai plus loin pour expliquer le
moyen de communication qu'emploient entre eux Doña
Sara et Don Panchito. Je me contenterai ici de répéter
qu'il s'agit d'un procédé relativement commun chez les
chamans maya, qui interprètent la morphologie des
flammes _ celles de chandelles ou de récipients conte-
nant un combustible - pour obtenir des informations
précises sur les maladies de leurs patients. Doña Sara dit
que c'est Don Panchito qui lui a appris à lire dans le feu.
Procédés de purification
Je ferai surtout référence ici à une technique employée
par cette psychologue autochtone pour laver ses malades
de la contamination énergétique dont ils sont victimes.
J 'ai baptisé cette purification le « bain maya ›› car, selon
Doña Sara, ses caractéristiques la font remonter aux
anciens Mayas. Il ne m'est pas permis d'en révéler tous les
détails, mais uniquement ses lignes générales.
Le patient qui se soumet à un bain maya se dévêtit et se
fait verser sur la peau du miel sauvage, que le chaman
répand de façon à recouvrir toute la surface de son corps,
du sommet de la tête jusqu'à la pointe des pieds. Après
l'avoir ainsi enduit de cette couche de miel, il verse du
cidre par-dessus.

Au bain de cidre succède un bain de bière, qui CSÎ de la
même façon versée puis étalée sur tout le corps. Pour
finir, le chaman saisit un récipient d' eau tiède dans
laquelle ont infusé des plantes et des pétales de fleurs
rouges, et verse ce mélange sur le patient.
Après quoi, il récite plusieurs prières et demande au malade de se laver
avec du savon, puis de jeter l'eau qui reste avec celle des
bains précédents.
On si doute bien que la bière et le cidre ne sont pas les
liquides qu'employaient les Mayas a l'origine. .J ai eu
deux fois l'occasion de me prêter a cette technique de
purification, et je dois dire que ses resultats sont extraor-
dinaires, tant sur le plan psychologique que par les bienfaits et l'équilibre qu'elle apporte
que sur le plan physique, par les sensations qu' elle procure.

La cosmovision de Doña Sara

Doña Sara voue une profonde admiration a ses maîtres ,
les anciens Mayas, représentés par la personne de Don
Panchito. Elle affirme que ceux-ci possédaient un pouvoir
considérable qui leur permettait exemple' de cons-
truire de hautes pyramides par leurs seules facultés
mentales. Don Panchito lui aurait dit. que les prêtres
maya s'asseyaient aux pieds des fondations d'une
pyramide et que, pendant une nuit entiere, ils émettaient
un sifflement très spécial qui produisait un effet direct sur
 la matière. Par ce moyen ils déplacaient de grands
blocs de pierre, qu'ils disposaient ensuite de façon à
construire les édifices que nous pouvons admirer aujourd'hui
sur les différents sites archéologiques de la penin-
sule de Yucatan.
Doña Sara pense que l'esprit est l'élément principal susceptible
d'intervenir dans toute réalisation necessitant un pouvoir
et où un effet notable peut être observé.
En d'autres termes, il serait possible, selon elle, de se
servir de l'esprit pour modifier la matière et d'apprendre
les secrets de cette modification, secrets contenus dans les
enseignements des autres maitres maya et de Don Panchito.


Doña Sara croit aux matérialisations, déplacements et
dématérialisations d'objets grâce au concours de forces
surnaturelles dirigées par des entités spirituelles.
Parmi ces objets se trouvent les sasiles ou boules de
divination. Elles sont en cristal ou autres matières utili-
sées par les chamans pour leurs consultations oracu-
laires. Doña Sara affirme qu'à l'époque de son apprentis-
sage auprès de Don Panchito, ces boules apparaissaient
spontanément chez elle et qu'elle les apportait à son
maître pour qu'il suive l'évolution de son pouvoir. Selon
elle, ces boules provenaient d'autres sphères et lui étaient
destinées pour l'aider dans ses séances de divination.
Elle soutient que ces boules possèdent leur propre vie;
qu'elles absorbent l'énergie du chaman lorsque celui-ci
les néglige et au contraire, se montrent coopératives lorsqu'il s'en occupe.

En plus de ce qui précède, Doña Sara révéla qu'au
cours de leurs expériences, Don Panchito et elle avaient
découvert que les anciens Mayas usaient de gardiens pour
leurs communautés. Ces gardiens consistaient en des
petites figurines de terre ou de pierre, à qui les prêtres
insufflaient vie et énergie pour qu'elles servent d' « écrans
énergétiques ›› destinés à protéger leurs champs, leurs
villes et leurs communautés.
Ces gardiens artificiels étaient placés à des endroits
stratégiques, et quiconque s'en approchait ressentait leur
pouvoir et leur effet dissuasif. Doña Sara assure avec le
plus grand sérieux qu'elle a tenu dans ses mains des
débris de ces figurines, lesquelles conservaient encore une
certaine quantité d'energie.
Au cours d'un des voyages de reconnaissance que je fis
en compagnie de cette chamane dans un village du
Yucatán, Santa Cruz, un paysan nous montra une petite
statuette, ou plutôt ce qu'il en restait; en la voyant Doña
Sara reconnut immédiatement en elle un gardien artifi-
ciel des anciens Mayas.
Doña Sara croit en l'existence d'un pouvoir suprême
issu d'un Dieu omniprésent et tout puíssant fixant le sort
et le destin de chaque être humain. A l'image de son
maitre Don Panchito, elle se plaît à adresser des prières et
des invocations à Dieu pour obtenir une amélioration de
l'état de santé de ses malades

Cela ne l'empêche pas d'évoquer l'usage du cristal de
quartz par les Mayas d'hier et ceux d'aujourd'hui.
Elle pense que le hasard n'existe pas, mais qu'en
revanche le destin existe, et que ce qui différencie les gens
sont leurs dons et leurs pouvoirs.

Doña Sara : Ah! Ce sont comme des billes, il y en a de
petites et de plus grosses. Le sasil est une concentration
de pouvoir à l'intérieur de ces billes. Mais il peut être
bon ou mauvais. Tous les sasiles ne sont pas bons C'est
quelque chose qu'il faut voir, c'est exactement cela, une
concentration de pouvoir. Les sorciers les utilisent
beaucoup, et si l'un d'eux te veut du mal... écoute, c'est
très important pour le cas ou cela t'arriverait..., si un
sorcier te veut du mal, il va t'envoyer ces boules. S'il
sait que tu es un être ouvert, un peu spécial, qui détecte
les choses négatives, il t'en enverra. Si tu en vois, sache
qu'elles ressemblent à des boules déodorantes. Tu
vois?
Hauteur : Oui.
Doña Sara : Si tu en vois, soulève-les et mets-les à l'écart
en les cachant sous un linge blanc. Comme cela, dans le
doute, tu sais que s'il s'agit d'un sorcier blanc, il ne te
fera pas de mal mais au contraire te donnera de la
force, et que par contre s'il s'agit d'un sorcier noir, cela
lui retirera son pouvoir. Quand la boule est tachetée de
nombreuses impuretés, c'est qu'on ne t'envoie que du
vent. Quand elle est marquée d'une bulle au centre,
c'est qu'elle peut servir à la divination. Cette sorte de
boule, composée d'un cœur, s'appelle un écran. Lors-
que tu invoques l'esprit pour demander la lumière par
l'intermédiaire du sasíl, tu peux l'observer dans cette
partie centrale. Comme sur un petit téléviseur, tu peux
y voir ce que tu veux. Pas d'images parfaites, mais tu
peux découvrir par exemple comment est untel, s'il est
bon `
ou mauvais. On ne peut poser que peu de ques-
tions, les plus importantes. Un petit être apparaît alors,
comme une silhouette fantomatique. S'il se montre
auréolé d'une lumière blanche, cette personne est
bonne, s' il est plutot gris, elle est a la fois bonne et
mauvaise ; enfin, s'il se montre ceint d'un halo noir, elle
peut être terriblement négative. Voilà à quoi il sert. Tu
ne peux formuler que des questions-clé. Ne crois pas
qu'en l'interrogeant, les images vont défiler. Par exemple,
tu Iui demandes . « est-ce que la personne est bien
portante ? » S il émet de la lumière la personne va bien
S'il s'assombrit, elle va mourir.
Est-ce que je peux la guérir?
La lumière est vive.
« Est-ce la consequence dune mechanceté? ou si c'est
le Cas, « Est-ce que cet homme est en train
d'acquérir du pouvoir? ›› Il devient tres lumineux.
Est-ce le pouvoir qui frappe?
Une table apparait.
Pour nous l'autel signifie le commandement, le trône.
Je demande au sasil « Connaîtra-t-il des obstacles ? ›› .
et il devient noir. Oui, il va en rencontrer. Voila ce que
le Peux dire à propos du sasil.

L'auteur : Tu m'as dit un jour, alors que j'avais sur moi un
cristal de quartz, que les Mayas en utilisaient.
Doña Sara : C est vrai.
L'auteur : Et Don Panchito aussi. Qu'est-ce que tu sais du
cristal, à quoi sert-il?
Doña Sara : A quoi sert-il? A beaucoup de choses. Don
Panchito dit que le quartz agit comme un récepteur. Le
jour où quelqu'un m'en a offert un, il m'a recommandé
de ne pas l'utiliser. Il dit que si on ne parvient pas à le
dominer, c'est lui qui nous domine. C'est très bien si tu
sais t'en servir, mais si tu ne sais pas, il absorbe toute
ton énergie. C'est exact qu'il en transmet aussi, mais il
peut absorber la tienne indéfiniment. C'est le danger
du quartz. Don Panchito m'a prévenue que si on laisse
un cristal à découvert sur une table, sans protection, il
peut même capter les énergies de ceux qui dorment
dans la pièce ou qui n'y font que passer.
L'auteur : Et il reste chargé de ces énergies ?
Doña Sara : Oui, des bonnes comme des mauvaises, parce
qu'il les absorbe toutes. D'ailleurs, c'est là le danger :
quand tu t'en sers, tu libères tes énergies dans ce quartz
et lui te permet de capter les siennes. Donc, s'il s'agit
d'énergies négatives, ce jour-là sera placé sous le signe
du mal; si elles sont positives, tu vivras des moments
merveilleux. Les Mayas ont beaucoup utilisé le cristal.

 Dans les temples, les prêtres travaillaient à lui insuffler
de bonnes énergies. Je t'ai déjà raconté comment cela
leur permettait d'agir ensuite. Ils se servaient aussi
d'autels de quartz. Cela, Don Panchito me l'a dit de
manière très confidentielle: ce n'est pas la peine de
trop en parler parce que personne ne le croit. Donc,
quand ils travaillaient avec l'énergie pure, l'énergie
positive, le quartz l'absorbait, si bien que lorsqu'un des
prêtres tombait malade, le quartz se substituait à lui.
. Tu peux imaginer son importance... Mais son usage
était uniquement réservé aux prêtres.
Les sorciers aussi le connaissent... Ceux qui savent le
mieux l'utiliser sont les gens bien intentionnés et les
mauvaises gens. Mais ceux qui ne sont ni l'un ni l'autre,
comme nous, ne doivent pas en abuser, car il peut se
révéler plus dangereux que bénéfique. Tu m'as dit une
fois que tu t'en servais pour travailler avec les enfants.
Souviens-toi, il faut faire attention de conserver le
quartz en lieu sûr pour qu'il n'absorbe plus d'énergies,
ne l'utiliser que pour les enfants et ensuite le charger
d'énergie positive.
L'auteur: Est-ce que le quartz peut servir à communi-
quer ?
Doña Sara : Non, il ne sert pas à cela. Il est seulement
comme une fontaine d'énergie.
L'auteur : Et les étoiles ? Don Panchito, par exemple, lit
dans les étoiles. Tu sais le faire toi aussi?
Doña Sara : Non, il ne lit pas en elles; il travaille avec
certaines étoiles. Quand il demande à l'une d'elles de la
force et de la lumière et qu'il les reçoit, il rentre chez lui
et travaille avec l'énergie de cette étoile, ou bien il reste
dehors et lui pose une question. En observant ses
pulsations lumineuses, il obtient une réponse. Il con-
naît différentes méthodes de divination.

S'ajoutaient à cela deux ou trois boules par mois. J e les
prenais, les enveloppais et les apportais à Panchito
pour qu'il les détruise. Il me disait: << Ils veulent te
faire partir d'ici, ils veulent ta peau. ›› Si tu savais
comme nous nous sommes battus! C'est pourquoi je
peux t'assurer que ces boules sont porteuses d'énergie.


Elles demandent une surveillance constante. Et tu me
connais, je ne suis pas très constante d'une manière
générale; je suis plutôt négligente. J'ai beaucoup
d'obligations, et comme je sens que je pourrais mal
faire, je préfère ne pas en utiliser. Pourtant j 'en possède
sept, dont deux que j'ai données à Elias, avec la
permission de Panchito.

Dona Maria de Merida:

La plupart du temps les zaz tun se trouvent dans les montagnes.
Aux environ de Mérida  à Uxmal, à Chichen Itza ou dans d'autres
régions montagneuses où vivaient les anciens mayas.
Cela ne s'achète pas .
Le vrai guérisseur les trouve grâce à son don.
Il commence à utiliser le zaz tun c'est-à-dire
qu'il travaille avec une boule de cristal.
Cela ressemble à des billes en plus gros et c'est complètement blanc.
On la place dans un récipient en cristal à l'ouverture resserrée.
Au moment de la déposer on prend une bougie ,
on récite quelques prières à l'intention du malade que l'on veut atteindre.
En réponse à notre demande et à nos prières, l'esprít de la
personne se présente et on sait automatiquement dans
quel état elle se trouve, si elle va bien ou mal.
L'auteur: En fonction de ce qu'on voit dans la boule. Les
Mayas s'en servaient-ils également ?
Doña María: Oui, les grands guérisseurs maya.


Nous allons aborder maintenant un chaman Maya spécialisé dans la pulsologie: Don Elijio Panti , grâce au livre de Rosita Arvigo: Sastun.

"Il existe trois catégories de ciro (gastrite), la ciro sèche qui s'accompagne de constipations, la ciro rouge, avec du sang dans les selles et la ciro blanche, avec du mucus dans les fèces.

Le sang impur doit toujours s'évacué par la peau.

Don Elijio Panti traitait la ciro et les vers par le chénopode anthelmintique.

"Son savoir émanait des Esprits Mayas".
La prière est très importante dans mon travail, et nos Esprits s'expriment en Maya.
De plus il faut posséder un sastun pour être initié.

"C'est le jouet des Esprits mayas et l'instrument béni du guérisseur

La plupart des gens réfléchissent trop, mais distrayez-les et la moitié de leurs problèmes et de leurs maux s'effaceront.

Dans l'univers maya , seul un voile de gaze sépare le réel du spirituel; en scrutant un sastun, un h'men peut déterminer la source d'une affection ou découvrir la réponse à une question


L`alimentation industrielle détraquait
la santé des gens, grogna-t-il. Ils souffraient de ce qu`il appelait « les
maux de la nourriture moderne. ›› La « camelote ››. ce qu”il qualifiait
de cuchinada (cochonnerie), était responsable de la plupart des
maladies de ses patients. Et il avait constaté une aggravation de la
situation au cours des dernières décennies. Scion lui, la consommation
de produits sous emballage _ gorgés de substances chimiques et de
conservateurs - les avait rendus plus vulnérables à Fhypertension, à
l`arthrite, au diabète, au cancer et aux maladies cardio-vasculaires.
<< Contre les méfaits de la nourriture moderne ››, dit~il, « j”ai
recours à des tisanes à base d`écorce de balsamier de Tolu qui
purifient les reins et le foie. Ça élimine beaucoup de problemes. ››
Il me confia aussi l°inquiétude que lui inspiraient les glaces à l`eau,
connues dans le pays sous le nom dïdeals.
« Depuis que les gens sucent ces horreurs, la ciro est partout. ›› On
nïngurgitait des boissons froides que depuis l`avenement des techni-
ques de réfrigération. << Trop de froid provoque des crampes d`esto›
mac. Au bout d`un moment, l'estomac n”est plus qu`un nœud et une
bouchée suffit à le remplir. Alors quand je le masse, il palpite comme
un lapin. Mais c'est la círo, tout simplement. Si tu montres ça à un
docteur, il va crier : Hernie, hernie 1 Un scalpel, vite, il faut opérer! ››
Mais qu`est-ce que tu veux qu”ils enlèvent. puisque ce n`est que du
vent? ››
Je trouvais honteux que des plantes médicinales comme l'agonan-
dra, qu'il utilisait pour traiter la ciro, fussent ignorees. Sachant que la
science contemporaine n”avait pas inventé de meilleur remede contre
la gastrite, c”était particulièrement regrettable.
De ses gencives édentées, Panti dégustait son traditionnel menu de
tortillas de maïs, haricots et chocolat chaud. Il abhorrait le mets favori
des habitants du Belize : riz et haricots. Et il se dispensait des autres
denrées de base dont ses voisins raffolaient, telles que le lard et les
queues de cochon.
Jusqu”à une epoque très récente, la plupart des villageois cultivaient
leur jardin. Ils y faisaient pousser du chaya, du chayote, de la
coriandre, et, entre autres végétaux sauvages. de l'amarante.


Panti désinfecte l'épine de pastenague avec de l'alcool , il nettoie aussi à l'alcool le front d'un policier souffrant d'une migraine chronique
Il perça alors rapidement trois endroits du front duquel s'écoula un sang noir nauséabond

"j'ai évacué le vieux sang congestionné qui restait bloquédans ta tête
c'est lui qui provoquait tes migraines

Le sang doit couler comme une rivière, clair, propre et libre


Sans les Esprits, commenta-t-il, l'existence serait impossible. Ce
sont eux qui décident de la pluie, du tonnerre et des saisons, et qui
font tout pousser et fleurir. Ils sont les gardiens du monde. Ils
s'occupent des gens, des animaux, des plantes, des moissons, de l'été
et de l'hiver, du jour et de la nuit, des rencontres, des femmes en
couches, et de tous les aspects de la vie. Chaque Esprit est chargé
d'un ministère qui lui est propre. Par exemple, Yax Tum Bak est le
seigneur des semailles, et Chac est le dieu de la pluie.
Il y a neuf Esprits. C'est pour cette raison que neuf est un chiffre
sacré chez les Mayas, m'expliqua-t-il en cueillant des feuilles
d'escoba, sorte de palmier épineux. « Mais je ne peux pas te révéler
tous les noms des Esprits, car tu ne possèdes pas de sastun et tes
pouvoirs s`en trouveraient affaiblis. ››
« Les gens ne les honorent plus que rarement ››, continua triste-
ment Panti en introduisant les feuilles dans son sac.
" Ils n'ont aucun
respect envers le seigneur du champ de maïs. Si tu leur demandes de
le glorifier, ils te rient au nez en s`étonnant: Quel seigneur du
champ de maïs? Je suis le seul seigneur ici. Je ne crois pas en tes
anciens Esprits. mon vieux. Nous n'en avons que faire. ›› Mais
regarde les horreurs qu'ils récoltent aujourd'hui, et les sécheresses.
Ils ont bien plus besoin des Esprits qu'ils ne se l'imaginent. ››
« Et ceux-ci ont besoin des Primicias. C'est par le biais de la
Primicia qu'ils sont invités dans le monde des mortels. C'est grâce
aux Prímicias que nos prières sont exaucées et que les Esprits
vivent. ››
Ces fameux Esprits mayas excitaient depuis longtemps ma curio-
sité. Pantí leur attribuait aussi le titre de Segundo Dios, seconds de
Dieu ou bras droits de Dieu. Je lui demandai de me les décrire.
« Nous ne les voyons pas comme des gens avec un visage et un
corps. Nous distinguons et sentons leur présence dans les vents. lls
sont dans les vents et ils en font partie. Ils viennent sur terre dans ces
vents ››, trompeta-t-il. « La foudre est leur machette. On aperçoit
leur dos quand les éclairs déchirent le ciel pendant l'orage. Le
tonnerre est le son de leur voix. ››

-« lls m'ont l`air bien effrayants ››, remarquai-Je.
-- Non, non, et non, ce sont d'excellents amis ››, s'exclama^-t-il .
 « Dans la religion maya, Dieu et les Esprits .se melent aux
mortels à chaque étape de la vie. Ils sont presque toujours amicaux,
sauf quand ils entendent la radio, qu”ils voient la télévision ou qu ils
assistent à un inceste. Ils souffrent de plus en plus de la solitude et
désirent ardemment nous aider dans toutes les situations. Quels que
soient nos besoins, ils interviennent. Il suffit de demander. ››
Je les assimilai à l'âme suprême des peuples latins, comparable à
notre conception des anges gardiens ou, peut~être plus exactement,
aux archanges Michel, Raphaël et Gabriel - les grands patrons du
royaume Spirituel.
Elijio m”apprit que des Esprits subalternes s”occupaient de la
flore et de la faune dans son ensemble. Il les appelait duernos ou
seigneurs. A l'instar des elfes et des fées celtiques, ils etaient
insaisissables et espiègles.
ll croyait également en l'existence des neuf Esprits malveillants qui
résident aux neuf niveaux de l'enfer.
« Ce sont eux qui répondent aux conjurations des serviteurs de la
magie noire. Ils arrivent aussi avec les vents, mais ils font le mal. Ils
aiment opérer la nuit. ››
A une certaine époque, les neuf Esprits bienveillants sejournaient à
Tikal, précisa-t-il. Mais quand les historiens s'intéressèrent a ce site,
lls. s`enfuirent pour trouver refuge dans d'anciens temples plus ecartés
et encore inviolés. Ils choisirent d'abord Uaxactun. « Quand les
archéologues parvinrent à Uaxactun, les Esprits partirent pour
Cancun, sur la frontière entre le Belize et le Guatemala, un endroit ou
trois collines s'unissent pour ne former qu`un seul sommet. ››
Et Cancun est un lieu ensorcelé. C'est auiourd'hui la demeure des
Eprits mayas, et personne ne peut ni ne doit s”y rendre ››, m'affirma-
t-il. « Beaucoup ont essayé. Tous se sont avoués vaincus.
Des grrngos qui tentèrent de grimper jusqu”à la cime furent repousses à maintes
reprises.

Quand les Bons Esprits quittent un endroit, les mauvais Esprits s'y installent.

Si les Mayas actuels célèbrent le Vendredi Saint c'est parce que les Esprits Bienveillants et les Saints chrétiens collaborent pour le salut des âmes.

Elijio impore aussi les Quatre Vierges.
Il y a la Vierge de Carmen , de Guadeloupe, de Fatim et de Lourdes.
Il leur adresse des prières qu'elles exaucent par des miracles.

Les quatre qualités d'Ix Chel a été attribué aux 4 Vierges.
Ix Chel étit la gardienne de quatre domaines.
En tant qu'esprit  à l'aspect de jouvencelle , elle se consacrait aux naissances et au tissage.
Puis une fois atteint un âge canonique elle s'occupait de la médecine et de a Lune.
Quatre est aussi un chiffre sacré chez les mayas.
Il se rapproche du mystère de la Trinité: trois en un et un en trois.

Don Elijio sait prendre le pouls également.
Il saisit le poignet droit du malade et invite Rosiga à fire de même avec le poignet gauche.
Il lui demade ce qu'elle sent: C'est lent et faible, un peu flou.
Panti confirma: la circulation est très insuffisante.

Elijio utilise des contraceptifs naturels: ils sèchent la muqueuse , ainsi l'ovule ne peut pas s'y implanter.
Sauf si la femme désire secrètement d'infanter.

Le sang qui stagne dans la membrane utérine est source des douleurs menstruelles selon Panti.
L'utérus est le centre de la femme et selon le maya , il est en lien avec les troubles gynécologiques mais aussi avec les maux de tête, les maux de dos et la nervosité.

Le stress et l'anxiété agit à son tour sur la matrice: les muscles contractés diminuent selon lui, la réserve de sang octroyée à l'utérus, condition propice à l'émergence de problèmes.

Eh bien, je n'en suis pas sûr. Le sastun peut avoir plusieurs
fonctions. Celui que je possédais avant ne me servait que pour
déterminer si un patient était susceptible de guérir. Il était fin comme
crayon avec une tache en son centre qui s`étendait de part et
d'autre quand un malade incurable le tenait dans la main. Et une fois,
j'ai vu un sastun parmi les perles d'un collier. ››
«- Comment savez-vous qu'une pierre est un sastun .
- ll me suffit de la regarder. Elle étincelle quand on la bouge, et on
peut se voir dedans comme dans un miroir. On y trouve des traces,
des lignes, des croix, des Vierges ou des arcs-en-ciel qui fournissent les
réponses. Si on détient la lampe qui les éclaire. ››
-« Quelle lampe? Je ne comprends pas. ››
« Cest la lampe qui est là-dedans ››, déclara-t-il en se tapotant le
front. « Le don, si tu préfères. ››
Ce don, Panti en jouissait manifestement. Il interrogeait régulière-
ment son sastun pour apprendre si une maladie avait des causes
naturelles ou si elle était due au daño, c'est-a-dire générée par les
forces spirituelles. C`était également ce minéral qui transmettait les
requetes et prières aux Esprits, de l'autre côté du voile de gaze. Par
son emploi, il entretenait une tradition millénaire. En explorant les
vieilles cités désertées, les archéologues avaient découvert des sastuns
dans les sépultures des prêtres mayas.
Pour user d”une métaphore moderne, je dirais que le sastun est une
sorte de téléphone rouge surnaturel en ligne directe avec les Esprits.
Don Elijio le définissait comme une Pierre de Lumière, un Miroir des
Aires, une Lumière des Âges ou une Pierre des Âges. Il le qualifiait
aussi de « jouet des Esprits mayas. ›› Il racontait qu'on pouvait les
joindre la nuit en train de se lancer un sastun d'une rive à l'autre d'un torrent ,
et que la pierre, dans sa trajectoire fantaisiste, produisait, un
sifflement rotatoire que le grondement des eaux ne parvenait
jamais à étouffer.
Les Esprits choisissaient les bénéficiaire d'un sastun.
Certains priaient la vi entière pour en recevoir un, mais en vain.
D'autres qui jouent encore dans le semble ignorent ce que c'est quand il roule à leurs pieds.
Il advient souvent qu'Untel en aperçoive tomber un juste sous son nez.
Alors il prend peur et s'en débarrasse.
Mai c'est inutile car un sastun revient toujours.
On le craint car il a n fort pouvoir d'attraction.
Quand les Esprits m'ont dotés d'un sastun, les ges sont arrivs de très loin, attirés par son appel.
C'est un travailler forcené.
Panti décida de le consulterpour s'assurer que mon cristal était effectivement un présent des Esprits.
Il sortit d'une fiole de rhum sa sastun qui avait pris un bain de rhum hebdomadaire destiné à l'épurer de toutes les questions posées au cours de la semaine.
 
Il ôta le bout de chiffon qui en obstruait le goulot et empêcha le
sastun de s'échapper. Puis il souffla dans ladite fiole avant de la
pencher au-dessus de sa main. La bille translucide roula dans sa
paume. Elle étincelait après son bain de rhum hebdomadaire destiné à
l'épurer de toutes les questions posées au cours de la semaine.
Il souffla dessus à trois autres reprises et la réintroduisit dans le
flacon qu'il fit tourner autour de mon cristal simplement posé sur la
table, en chantant un cantique maya. Je n”en saisis que le terme sastun
et mon nom, prononcés plusieurs fois.
Il me fit alors signe d'ouvrir la main droite pour recevoir son sastun,
protocole classique qu'il avait observé avec des centaines de patients.
Je repliai les doigts dessus et l'agitai comme s”il avait été brûlant.
Une sorte de trac m”envahít. Panti pouvait-il se tromper? Si mon
cristal était un sastun, pourquoi les Esprits avaient-ils eu recours à ce
truchement pour me le remettre? Si c'était vraiment un objet
magique, quel emploi devais-je lui réserver?
Le sastun conduirait-il les patients à moi? Désirais-je qu'il en vint à
la ferme autant que chez Panti? Saurais-je traiter la variété de cas
qu'il mïmposerait?
J”eus soudain envie de me lever et de m'enfuir.
<< Approche de la porte. Je ne vois rien ››, déclara Panti, trop ému
pour percevoir mon sentiment de confusion. « Ma vue est au plus bas
depuis quelques jours. Je crois que je ne vais pas tarder à devenir aveugle.
Qui me servira de guide ? ›› Il n'attendait pas réellement de réponse.
J'ouvris ma main toute tremblante. Il la berça d`avant en arrière, et
son sastun dansa en rond sur ma peau moite.
« Tout est clair, mon enfant. Cest un sastun ››, affirma-t~il. « Cest
un cadeau des Esprits mayas. Ils t'ont acceptée. »

Il psalmodia gaiememt dans sa lange tout en faisant graviter le jarrito, la petite fiole en argile, autour
de mon sastun.
Panti enchata la pierre.
Il implora les Esprits de provoquer un rêve chez Rosita afin qu'elle apprenne à s'en servir.

Les Esprits sont de bons amis, très aimables , sages et prévenants.
Ils peuvent se montrer malicieux, mais jamais malfaisants.

Les Esprits Mayas communiquaient par les rêves avec ceux qu'ils avaient élus pour la mission de H'men.
Unesorte de tirillement, comme si on était traîné, juste avant le début du songe.
Parfois tu as l'impression que des petits lutins poilus te grimpent dessus avec leurs mains anguleuses.
Mais ne panique pas ou les Esprits repartiront.

Pratiquement chaque nuit Panti était harceler pendant son sommeil.
Ils viennent me chercher la camaraderie et me prevenir qu un reve est sur le point de commencer. ››
Il me recommanda de réciter un Notre Père si la peur s'abattait ur moi. .
Cela me protègerait des Esprit malins
qui tentent aussi de
s'insinuer dans res songes. « Bon ceux-là sont effrayams et mauvais mais ils ne t'importuneront pas si tu suis mes conseils. »
« Et si Je m evanouis ? Ou si je crie ? ››
« Tu ne feras ni l'un ni l'autre. Aie la foi c'est tout La foi I
.Panti apprend une prière à Rsita:  une nouvelle priere qui te permettra d”exploiter les
pouvoirs de ton sastun. Des au]ourd”hui, neuf fois tous les vendredi
 et jusqu'à la fin de tes jours, tu la diras en regardant au fond du crístal
en y faisant un signe de croix de chaque côté après avoir trempé ton index dans le rhum. ››
<< Sastun, sastun ››, scanda-t-il. « Toi qui est tout puissant, je te demande de me révéler tout ce que je désire savoir
Aide - moi à comprendre et viens me livrer dans chacun de mes rêves les réponses qui me manquent.
Dieu le Pere, Dieu le Fils, et Dieu le Saint-
Esprit. ››



Dès qu'une maladie le (Panti) laissait perplexe, qu'il ne trouvait pas
I'antidote, il consultait son sastun et supplíait les Esprits de l”épauler.
La nuit suivante, ceux-ci lui apportaient une réponse claire: quel remède utiliser, où le cueillir, comment le préparer, et
quelles prières réciter en accompagnement.


Par la découverte du Sastun, Rosita put enfin apprendre les maladies psychiques, les maladies de l'âme.
Il existe autant de menace pour l'esprit que pour le corps.

Trois maladies s'attaquent aux jeunes enfants avec prédilection:
mal de ojo, susto et viento de descuido.
Leurs symptômes sont souvent similaires.
Seules l'intensité et la rapidité du pouls les distinguent.

Le susto c'est l'effroi.
Le viento de descuido c'est le vent de la négligence

 

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