Les indiens d'Amérique et le Tao

Les indiens d'Amérique et le Tao.

 


Fools Crow le grand homme-médecine Sioux a décrit ses voyages chamaniques dans un livre : Sagesse et Pouvoir.

 

 

Il explique qu'il est capable grâce à la hutte de sudation, de réaliser une sortie hors du corps qui le mène vers des plans supérieurs.

Voici l'extrait du livre:

« La plupart des Indiens semblent penser que l'intérieur de
la loge représente soit la matrice de Grand-Mère Terre soit l' uni-
vers. Est-ce cela qui vous a été enseigné ?
- Cela, et plus, répondit-il en mettant ses mains paumes
levées. Wakan Tanka m'a enseigné durant une de mes quêtes
de la vision ce qu'est la loge de purification. C'est bien plus
qu'une structure de saule en forme de dôme. Sa véritable forme
est celle d'une boule, dont la moitié inférieure est sous le sol.
Quand la partie au-dessus du sol est tenninée et recouverte, et
tout le nécessaire -la sauge et les autres objets que j'utilise -
placé à l`intérieur, la loge devient la demeure de Wakan Tanka
et de Tunkashila au-dessus, de Grand-Mère Terre au-dessous,
et des Personnes dans les quatre Directions. Ainsi, quand j'entre
à l' intérieur et fais mon rite, je suis assis sur le grand plan de la
Terre au centre des Puissances supérieures.
- Cela ressemble beaucoup à votre description du moment
où vous êtes entouré par le pouvoir.
- Oui, répondit-il en traçaiit un diagramme sur le sol pour
mieux exprimer sa pensée, mais à une grosse différence près.
Quand je suis entouré par les Puissances supérieures, j'appelle
en moi leurs pouvoirs. Mais quand je suis dans une enceinte
close avec les Puissances supérieures, je peux me rendre là où
eles sont et aller les voir. »
Fools Crow révéla cela sans esquisser le moindre signe déno-
tant l'importance de son affirmation. Aucun mouvement
d'épaule ou du visage ne suggéra non plus que je devrais en
douter. Il était simplement assis là et attendait que je continue.
- Comment allez-vous les voir ? demandai-je.
- Wakan Tanka m'a donné le pouvoir de me rendre en esprit
Ià où Elles sont, j'y vais et leur parle.
- Le faites-vous pendant que d'autres sont présents dans la
loge de purification ?
- Non, sauf Kate, qui m'aide en apportant à l'intérieur les
pierres chauffées sur le foyer dehors, et reste ensuite tout près
parce ce qu'elle sait ce qui se passe pour moi. ››
Cette dernière remarque retint toute mon attention, mais je
décidai d`attendre ; il me l'expliquerait quand il le souhaiterait.

« En quoi ce que vous faites dans le voyage en esprit est-il
différent d'envoyer ou de recevoir des informations par l'in-
termédiaire de la fumée et de messagers individuels servant les
Personnes de chaque Direction ?
- C'est un face à face. Je les vois.
- Vous les voyez ? fis-je avec surprise en me rappelant que
selon la Bible, nul ne pouvait regarder Dieu en face sans en
mourir. A quoi ressemblent-Elles ?
- A des lumières, répondit-il placidement, puis il attendit
que ces paroles pénètrent dans mon esprit.
- Des lumières, murmurai-je en me calant dans ma chaise.
Vous m'avez indiqué tout à l'heure que Joe Ashley vous avait
dit à quoi ressemblait Dieu et que cette idée vous convenait.
Est-ce cela que Joe a dit ?
- Joe n'a pas voyagé en esprit, répondit Fools Crow, mais
ce qu'il m'a dit était proche de ce quej'ai vu.
- Toutes les lumières sont-elles de la même couleur ?
- Non. Wakan Tanka est une énorme lumière blanche,
Tunkashila une énorme lumière bleue, et Grand-Mère Terre une
grosse lumière verte. Chaque Personne est de la couleur de son
propre point cardinal . ››
J 'essayai d'absorber cette réponse tandis que Fools Crow
continuait :
« Vous voulez savoir comment je peux rendre visite à une
lumière.
 - Oui.
- Je lui parle, et une voix émanant de cette lumière me
répond. Chaque voix possède sa qualité particulière, de sorte
que, si je l'entendais ailleurs, je pourrais probablement savoir
qui me parle .
- La première fois que vous êtes allé les voir, vous ont-Elles
dit qui Elles étaient ?
- Non. Je l`ai su d'après leurs couleurs.
- De quel genre de choses parlez-vous ?
- De choses qui m'aident à voir et à comprendre ce qui se
passe dans le monde et ce qui arrivera dans l'avenir. Elles me
disent aussi ce que je devrais faire à ce sujet et me donnent la
faculté de prophétiser.
- Vous parlent-Elles de sujets spécifiques, ou seulement de
choses générales ?
- Habituellement, de choses générales.
- Des choses qui concernent le monde entier, ou juste les
Sioux tetons ?
- Qui concernent surtout les miens, mais elles m`informent
aussi sur le reste du monde.
- De quoi parlez-vous avec Grand-Mère Terre ?
- Des problèmes de pollution et de ce que nous pouvons
faire pour sauver la Terre.
- Donc, Grand-Mère Terre se soucie aussi de son bien-
être... ››
Fools Crow hocha la tête avec gravité, puis continua :
« Elle sent les choses, tout comme nous - aussi, pour la
réconforter, je la remercie constamment de nous procurer la
nourriture, l`eau et les plantes dont nous avons besoin pour sur-
vivre.
- Evoquez-vous encore d'autres sujets avec les autres
Lumières ?
- Mes visions. Elles m'aident à les interpréter, de même que
les visions et les rêves de personnes avec lesquelles j`ai fait
des cérémonies. ››
Cette réponse m'incita à poser une question annexe :
<< Procédez-vous à une vue visionnaire pour interpréter les
visions des suppliants que vous accompagnez pendant leur
quête à Bear Butte ?
- Oui, et aussi pour interpréter les rêves que font les gens
de mon peuple dans leur vie ordinaire.
- Et quand faites-vous ces voyages en esprit ? Est-ce chaque
fois que vous êtes seul dans la loge de purification ?
- Pas chaque fois, ni même la plupart du temps. Ces voyages
sont des présents spéciaux des Puissances supérieures et se pro-
duisent en général pendant un événement important ou juste
après. Je suis là dans la loge et reçois des invitations de Wakan
Tanka et des Auxiliaires,  pas de tous en même temps, mais
peut-être de un ou deux, .. . ceux qui veulent me parler. Ils obser-
vent, et savent quand j'en ai besoin.
- Comment viennent les invitations ?
- Par Pinterrnédiaire des pierres chaudes dans le foyer. Elles
me parlent et m'apportent des messages des Puissances supé-
rieures.

- Et comment voyagez-vous de la loge jusqu'au lieu où Elles
sont ?
- Je secoue mon hochet et chante mon chant. Puis je pose
le hochet et presse mes bras, coudes pliés, contre mes flancs.
Les yeux fermés et les mains en coupe, je me concentre le plus
fort possible sur l'idée de mon être s'élevant dans les airs. Je
commence à trembler et je martèle le sol de mes pieds. Bientôt,
je me sens prêt à m'envoler comme un aigle dans l"espace. En
fait, cela ressemble peut-être plutôt au lancement d'une fusée
au moment où elle décolle de sa rampe. Très vite, je sens mon
corps s'effondrer, et je sens et vois mon esprit le quitter. Mon
esprit a la même apparence que moi, exactement comme quand
je suis dans mon corps, et j°ai le même âge. Je m'élève, tou-
jours plus haut, jusqu'au lieu où se trouve la Personne que je
vais voir. Cela ne me prend que quelques secondes pour y arri-
ver, pourtant je me vois dépasser en flèche les oiseaux, puis les
nuages, puis les planètes et les étoiles. Je traverse même ce que
l'homme blanc appelle la Voie lactée.
- Alors les Personnes, bien qu'Elles vous entourent à l'in-
térieur de la loge, sont cependant à une distance très lointaine ?
- Il faut comprendre que, malgré sa petitesse - environ un
mètre vingt de haut et deux mètres cinquante de diamètre -, la
loge devient aussi vaste que l'univers. Je ne me sens pas
enfermé, en fait je n'ai conscience d`aucun mur. C'est comme
si je flottais dans l'espace. C'est une sensation merveilleuse et
j'aimeraís que tout le monde puisse en faire l'expérience. Plus
personne alors ne nierait l'existence de Wakan Tanka !
- Mais à quelle vitesse voyagez-vous... ?
- Je vais plus vite que les fusées. J'ai entendu parler de la
vitesse de la lumière et ce que je fais ressemble davantage à
ça, dit-il en s'appliquant une tape enthousiaste sur la jambe.
L' instant suivant, le calme succéda à cette hilarité et une dou-
ceur passa dans son regard.
En réalité, dit-il, ce voyage en esprit a effrayé mes deux
femmes.
Il savait que cette remarque attirerait mon attention et il atten-
dit que je demande :
- Pourquoi ?
- Parce que je m'évanouis quand je voyage en esprit, et je
reste inconscient jusqu'à ce que mon esprit revienne dans mon
corps. Quelquefoís, cette absence peut durer deux jours . Fannie
et Kate devaient rester avec moi et veiller sur moi pendant ce
temps ; elles m'ont dit qu'elles avaient parfois craint que je ne
sois mort
- Êtes-vous conscient du temps quand vous êtes hors de
votre corps ?
- Non.
- Voyez-vous, comme Black Elk quand il voyageait en
esprit, vos ancêtres camper dans une belle région céleste ?
- Non.
- Y a-t-il quelqu'un avec les Puissances quand vous allez
les voir ?
- Non. Tout ce que je vois, ce sont les Lumières.
- Attribuez-vous les guérisons que vous faites dans la loge
de purification à votre faculté de voyager en esprit ?
- Les pierres dans le foyer me sont données dans ce but.
Elles me fournissent tous les renseignements utiles sur la per-
sonne que je soigne et me disent aussi que faire pour l'aider.
- Aucune chose ne semble être à elle seule la réponse à
tout...
- C'est parce que Wakan Tanka a eu la sagesse de rendre la
vie intéressante et pleine de défis. Qu`en serait-il s`il n'existait
qu'une manière de faire les choses ? Avec Wakan Tanka, la vie
est une perpétuelle aventure qui nous livre toujours de nouveaux
trésors. Elle ne devient jamais terne et, si elle commence à l'être,
Il nous présente de nouveaux défis et de nouveaux chemins.
C'est pourquoi les gens n'ont pas besoin de drogues pour trou-
ver quelque chose de passionnant. Avec Lui et les Auxiliaires,
il y en a toujours largement assez.
- Est-ce pour cela que vous utilisez la loge de purification
dans certains soins et des méthodes différentes dans d'autres ?
- Oui, et Wakan Tanka et les Auxiliaires prennent ces déci-
sions pour moi. Ils connaissent le coeur et l`esprit de chaque
patient, ainsi que le moyen qui, pour chacun, l' atteindra le mieux
et sera le plus efficace. Les hommes et femmes-médecine n'ont
pas besoin de se préoccuper de ces choix parce que, en géné-
ral, le pouvoir leur est donné de soigner seulement une mala-
die. Ils utilisent donc continuellement le même rite et le même
remède. Il en est de même dans le rite du Yuwipi. Mais Wakan
Tanka s'est servi de moi pour guérir de nombreux maux phy-
siques et spirituels. Vous l`avez vu de vos propres yeux. Les
seules choses qui me posent encore des problèmes sont les cas
de maladies qui se sont trop aggravées ou ceux que je n'ai jamais
rencontrés auparavant.

Je comprenais ce que voulait dire Fools Crow. Des
recherches m'ont montré qu'avant l'arrivée des Blancs, les
hommes-médecine indiens étaient capables de guérir avec une
efficacité remarquable les maladies et les blessures qui leur
étaient familières et dont ils avaient eu quelques années pour
maîtriser le traitement. Mais lorsque des maladies - comme la
variole - furent apportées par les Européens et se propagèrent
parmi la population, les guérisseurs furent pris de court et, en
désespoir de cause, recoururent souvent a des traitements qu'ils
avaient employés pour d'autres maladies mais qui eurent les
pires résultats. Il suffit de lire les rapports effrayants faisant état
de la rapidité avec laquelle ces horreurs frappèrent les Indiens
pour comprendre que les hommes-médecine n'eurent pas le
temps de faire appel à Wakan Tanka et de se préparer. Les mala-
dies déferlèrent sur eux comme les flots dévastateurs d'une
inondation, décimant les Indiens par milliers. Ce processus de
nécessaire familiarisation fut le même pour Fools Crow,
quoique moins brutal, et ce ne fut pas avant un âge déjà avancé
qu'il se sentit suffisamment assuré pour entreprendre le traite-
ment de maladies autrefois peu connues des Indiens - comme
le cancer, le diabète, les maladies cardiaques, les difformités ou
les maladies mentales.

Le voyage en esprit va sembler un phénomène ahuñssant
pour nombre de mes lecteurs. Devrais-je leur dire qu'eux aussi
sont capables de le faire ? demandai-je.
- Bien sûr, répondit-il avec vivacité. Mais ils n'y parvien-
dront sans doute pas avant d'avoir essayé plusieurs fois. Du
moins pas avant que Wakan Tanka et les Auxiliaires ne les trou-
vent prêts. Ciest un don très spécial -je l`ai déjà dit- et il faut
le mériter. Il m' a fallu attendre que je sois un saint homme expé-
rimenté pour qu'il se manifeste enfin en moi.

Tout en passant à d' autres sujets, je hochai encore la tête avec
stupéfaction. Le voyage en esprit était pour moi du domaine du
fantastique. Je demandai :
« Vous m`avez montré comment vous pouvez chauffer les
pierres dans la loge de purification sans qu'elles aient été aupa-
ravant passées au feu. Je sais qu`une plante spéciale vous a été
donnée à mâcher et à cracher sur les pierres pour les rendre brû-
lantes. Faites-vous pour cela quelque chose de plus ? ››

De nouveau, ses paumes étaient levées.
« Je chante un chant pour informer Wakan Tanka que je suis
prêt pour que se produise une chose que personne ne voudra
croire. Je vous l'aí déjà dit, pour le croire, même mon oncle
Black Elk dut venir le constater de ses propres yeux pendant
que je chauffais les pierres .
~ Quel est le dessein véritable de ce don stupéfiant au-delà
de ce que vous m'avez déjà dit. Vous ne l`associez pas à la gué-
rison, n'est-ce pas ?
- C'est une preuve tangible de la manière dont Wakan Tanka
bénit les personnes saintes qui acceptent de vouer toute leur
existence à être ses petits os creux. Ceux à qui vous direz cela,
s'ils acceptent de vivre comme je l'ai fait, recevront leur propre
bénédiction - peut-être pas la faculté de chauffer les pierres,
mais quelque chose de semblable. Les pierres et la médecine
qui les chauffe, c'est une chose très spéciale entre Wakan Tanka
et moi. C'est pourquoi je n`ai laissé que quelques amis intimes,
dont vous, me voir le faire. ››

Ce fut un privilège inestimable, et un moment que je n'ou-
blierai jamais - le genre de phénomène que nul ne croira à moins
de le voir de ses propres yeux. C'était véritablement marcher
sur l'eau. Mes pensées vaguèrent dans le passé vers la nuit
impressionnante où j'en avais été témoin dans la loge de
purification et Fools Crow s'éclaircit la voix avec un raclement
ile gorge pour me ramener au présent. Avec un sourire confus,
je demandai :
« Faites-vous autre chose dans la loge de purification dont
vous aimeriez me parler ? ››

Il se frotta le menton et les joues quelques instants, puis ouvrit
tout grand les yeux et déclara avec un grognement ponctué d'un
geste affirmatif de la main droite :
« Hmmtn. Quelquefois, Wakan Tanka m'aide à bien me
regarder.
~ Comment donc ? demandai-je.
- ll peut lire dans mon coeur, mon esprit et mon âme. Il sait
ainsi ce qui se passe en moi et n'ignore pas que j'ai besoin moi
aussi de le savoir, alors ll m'a donné un moyen de l`apprendre.
- L'introspection nécessite-t-elle le voyage en esprit ou les
pierres parlantes ?
- Non. Il m'a donné un chant à chanter tandis que, les yeux
fermés, je pense à moi-même. Quand j'ai fini le chant, j'ouvre
les yeux et vois ma propre image assise de l'autre côté de la
loge, face à moi. La seule lumiere provient des pierres rou-
geoyantes, qui baigne l`image d'une lueur rouge et la rend un
peu floue, comme une ombre. Elle est simplement assise la et
me regarde aussi. Je la fixe, et ce que je vois m'en dit parfois
plus que je ne souhaite savoir et admettre. Je vois si je fais quoi
que ce soit qui risquerait d'entraver l'action de Wakan Tanka
et des Auxiliaires, si je les soutiens, si je suis un bon reflet d`eux
pour les autres. Vous pensez peut-être que cet examen ne m'est
pas nécessaire, mais si. J°ai mes faiblesses humaines comme
tout le monde. Ceux qui s'estiment au-dessus de ce besoin se
trompent et, un jour - peut-être trop tard pour en tirer parti - ils
.seront obligés d'y faire face.
- Comment les autres sont-ils censés le faire ? Doivent-ils
utiliser une loge de purificatiori ?
- C'est le meilleur moyen, mais j'en ai reçu un autre pour
le faire, simplement en traçant une ligne devant moi sur le sol,
puis en mettant [projetant] mon image de l'autre côté, face à
moi. Il faut le faire dans une lumière douce, cependant, et près
des charbons rougeoyants d'un feu.
- Le chant, vous ne me l'avez pas chante. ››
Il regarda au loin et ses yeux s`embuèrent quand il com-
mença a chanter.

Grands Êtres,
Ayez pitié de moi.
Aidez-moi à me regarder avec honnêteté.
La verite vient.
Elle rne fait mal.
Je suis content.
Vous pouvez me rendre meilleur

Dallas avait écouté avec beaucoup d`attention. Après avoir
traduit le chant, il se leva et s'en alla jusqu`au cercle de la danse
du Soleil situé à l`ouest de la maison de Fools Crow. Je l'y rejoi-
gnis.

« Je suis un fervent catholique, m`avoua-t-il avec un soupir.
Il fait des actions sacramentelles, et il est aussi catholique. Mais
il n'a pas appris ce genre de chose à l'église. Il aurait pu, cepen-
dant ... C"est ce que nous appelons l'acte de contrition, et après
vient la pénitence. Mais il ne se confesse pas et ne fait pas péni-
tence. Il n'est pas d`accord avec cette idée et ne l'associe pas
au percement dans la danse du Soleil. Le percement est l'action
de grâces, pas la penitence. Mais il sait, il sait... ››
Toutes les merveilles ne m'avaient pas encore été révélées.
Autre chose allait venir, et la marche sur l'eau continuait.
Un autre jour, Fools Crow s'assit, paumes levées, et dit :
« Je vais vous confier une chose que personne d'autre ne sait,
pas même Kate. Afin d'être un bon chef, qui agit avec sagesse,
j`ai besoin de savoir exactement ce qui se passe parmi les miens.
Aussi, quelquefois, quand je suis seul dans la loge ~ je ne sais
jamais d`avance quand cela se produira et rien ne m'en pré-
vient - Wakan Tanka me transforme en oiseau, en chien ou en
chat, puis m'envoie sous cette forme à Kyle, Pine Ridge ou
ailleurs et, là, je peux voler ou marcher tranquillement parmi
les gens pour voir ce qu'ils font et entendre ce qu'ils disent. Je
peux même entrer dans leurs maisons et ils penseront que je
suis juste un animal errant. Plus tard, quand je les rencontre et
leur dis ce qu'ils faisaient et disaient, ils sont étonnés. Quand
les nôtres de l'A.I.M. (American Indian Movement ) occu-
paient bravement Wounded Knee, je suis allé treize fois leur
parler. Mais une fois, alors que la situation était très tendue parce
que des coups de feu avaient été tirés, le F.B.I. refusa de me
laisser entrer. Alors je me suis retiré dans ma loge, j'ai demandé
à Wakan Tanka de me transformer en chien et je me suis pro-
mené parmi les résistants pour voir s'ils allaient bien. Cela, je
n'en ai parlé à personne d'autre.
- La distance que vous pouvez franchir sous ces formes est-
elle limitée ?
- Oui. Je ne peux aller que parmi mon peuple.
Il ajouta avec un petit rire :
« J'aimerais bien pouvoir me rendre à la Maison Blanche et
apprendre ce que fait le Président, ou me glisser dans les cou-
lisses où les députés du Congres et les gens du B.I.A. organi-
sent leurs plans. Comme ça, je saurais comment les déjouer et
comment nous pouvons rentrer en possession de nos Black Hills
sacrées ! ››
Je partageai son amusement, puis demandai :
« Le jour où, alors que nous étions ensemble, vous avez su
soudain que quelque chose de terrible était arrivé à des Indiens
de Pine Ridge et me l'avez dit (des coups de feu furent tirer
entre des indiens et des agents du F.B.l., tuant deux agents et
un Jeune Indien), vous n' etiez pourtant pas parti. Comment le
saviez-vous ?
- J'ai fait si souvent ces voyages que j'ai développé la
faculté de sentir ce genre de choses. C'est encore un don que
recevrons tous ceux qui servent Wakan Tanka. Je possède aussi
quelque chose de plus - les pierres dans mon bras et ma main
gauches, et celle dans mon dos. Elles bougent pour me dire
quand des ennuis se produisent et elles jouent un rôle spécial
dans les rites de la loge de purification.


*


Et maintenant voici une description de la méditation réalisée par les taoistes tirée du livre:

La religion chinoise dans son développement historique,
Par Henri MASPERO (1883-1945)

 

 

 

" Toutes choses sont faites de souffles.
Les neuf souffles à l'origine étaient mêlés dans le Chaos.
Quand le monde se constitue, les souffles se séparent, les plus purs montèrent et formèrent le Ciel, les plus grossiers descendirent et formèrent la Terre.
Le corps de l'homme est fait de ces souffles grossiers; mais ce qui lui donne vie , ce qui l'anime, c'est le Souffle Originel, souffle pur qui pénètre en lui avec la première respiration.
En entrant dans le corps, il se mêle à l'Essence que chacun distille en quelque sorte en lui-même, et cette union forme l'Esprit, principe directeur de l'existence qui durera autant que la vie et se dissoudra à la mort quand le souffle  et l'Essence se sépareront.
Ce corps est pareil à l'Univers, il est en fait exactement comme lui, et comme lui, il est rempli de divinités qui sont les mêmes que celles de l'Univers.
Pour vivre éternellement il faut prolonger le corps, empêcher l'esprit de s'anéantir par la séparation du Souffle et de l'Essence, et maintenir tous les dieux à l'intérieur de soi-même pour conserver l'unité de la personnalité que leur dispersion détruirait.
D'où trois sortes de pratiques: Nourrir le principe vital, yangxing; nourrir l'Esprit, yangshen; et se concentrer sur l'Un, shouyi.

Pour nourrir le principe vital, il faut écarter les causes de mort; la principale ce sont les céréales....

Enfin par la concentration, la méditation et l'extase, on entre en relations avec les dieux à l'intérieur de soi.
On voit d'abord de petits dieux sans importance; à mesure qu'on progresse , on voit des dieux plus importants; quand on voit la Grande Triade des dieux qui réside au milieu du cerveau, l'immortalité est assurée.
Certains veulent plus encore, après avoir pratiqué la méditation dirigée qui conduit à entrer en relation avec les dieux, ils vont plus loin et dans leur méditation, abandonnent l'esprit à lui-même après l'avoir vidé de toute influence du monde extérieur.
Ceux-là rejoignent les grands maîtres de l'école de Laozi, arrivent à l'union mystique avec le Dao.
Unis indissolublement au Dao ils n'ont aucune volonté propre et pratiquent le Non-Agir, ils laissent le monde suivre sa voie, son Dao, qui est la meilleure possible quand nul n'interfère.
Ils rennoncent à toute immortalité personnelle et s'abiment dans le Dao.
Ce sont les grands Saints du taoisme. "


*

Fools Crow a perçu les trois lumières qui n'en font qu'Une.

Les Indiens d'Amérique pratiquaient ainsi une méditation fortement ressemblante aux techniques taoistes.

De plus nous pouvons faire d'autres parallèles.

Le livre : Paroles de Sages Chinois va nous aider dans la compréhension des points communs.

Le taoisme vise le dépouillement pour entrer en contact avec le Naturel, avant la civilisation.
Avant d'être humain l'homme est un être de vie et de nature.

Se mettre à l'écoute du Dao et s'y accorder est le but du taoiste.

le retour à la vie conduit à l'ordinaire, elle vous humilie. Revenir au simple de la vie, à l'ordinaire, est une discipline des plus ardues .
Cela semble paradoxal.
L'accès au simple est difficile et ce qui nous est le plus proche, ce mouvement naturel de la vie en nous, la voix même du Dao, nous apparaît comme le plus lointain.
Le simple n'est pas le facile.

(Voilà ici toute la différence entre s'opposer à la vie sociale par narcissisme et facilité, refus du sacrifice de soi, et le retour à l'écoute du Dao qui demande l'appaisement de l'égo et l'obéissance à la Volonté Divine.
Ceci est d'une grande importance pour différencier le taoiste du malade mentale).

Agir vient de l'égo.
La volonté individuelle est destructrice du sacré, détruit ce qui fait le monde, c'est-à-dire l'Un-ité.
Agir en vue de telle ou telle obsjectif consiste à privilégier un aspect plutôt qu'un autre, au mépris des phénomènes qui s'alernent dans leur contraire.
L'action de volonté individuelle est agir sur quelque chose.
C'est imposer au Réel, au mépris du Réel.
Ce Réel est le Dao.

Admettre la vie sans la mort est une limitation dangereuse car elle nous exclut de l'infini.
L'infini est un des visages du Dao, qui est le fleuve, le cours ininterrompu de l'être.

La mort est une transformatio, une métamorphose.
Cette métamorphose est le chemin vers la liberté.
Celui qui comprend la mort comme une métamorphose sait librement abandonner son être passé pour aller au-devant et réaliser son êtrte futur.

L'éveil est l'être de l'homme.
Il n'y a donc rien à conquérir ou à acquérir qui nous manque.
Il n'y a qu'à être et la pratqiue de la méditation consiste essentiellement à cela.

Le Dao n'est en aucun cas le fait de l'intellect ni de l'intelligence.

Le Dao est un vide, un vase, qui accueille, qui recueille toute chose.
Ce vide n'est pas un néant car il est créateur de toute chose.
Le lieu d'origine du monde est caché. Le lieu de la provenance de ce qui est manifesté est invisible.

A la différence de la voie confucéenne qui est toute entière élevation vers la dignité, celle de Lao Zi est régression et retour à l'ordinaire.

Le sage chinois aime à prendre les traits d'un enfant dans sa prime jeunesse.

Le sage-enfant ne négotie pas avec le monde, il s'y livre entièrement.

On le représente sous les traits d'un enfant rieur, déguisé en jeune lettré.
Il est le visage le plus ordinaire de la liberté, celle de l'ingéna, c'est-à-dire de celui qui est née libre.

Retrouver cette liberté native, qui se proclame avant toutes les constructions et les conventions, constitue le coeur secret de la Voie.

Pour le taoiste la hiérarchie est une méthode de discrémination.

*


Côté amérindien voici ce qu'écrit Archie Fire Lame Deer dans le livre: Le cercle sacré.

Certains parmi nos anciens déclarent que Wakan tanka n'est pas parfait, car rien dans l'Univers n'est ni doit être parfait, pas même le Dieu des Crétiens ou Jésus.

 

*


Revenons à Fools Crow:

"- Si elles ignorent cet appât et continuent à venir ?
- Wakan Tanka ne nous donne pas le droit de dominer les
autres créatures et elles n`ont pas le droit de nous dominer.
- Alors vous en tuez quelques-unes ?
- Je fais ce que je dois pour les faire partir de la maison.
- J'ai lu que, sans les fourmis, le reste de la création aurait
de gros ennuis...
- C'est vrai, pour tout, acquiesça Fools Crow en hochant la
tête. Un fait que je n'ai pas mentionné à propos des autres créa-
tures, c'est qu'elles font naturellement ce qu“elles font. Nous,
nous le faisons par choix. Les animaux, oiseaux et autres, tuent
parce que c'est naturel pour eux. Nous, nous tuons la plupart
du temps non parce que nous en avons besoin, mais parce que
nous le voulons. ››


"L'humanité n'est pas supérieure au reste de la création et ne possède pour la domi-
ner ou en abuser aucun droit inaliénable ou divin. Au contraire,
nous ne représentons qu'une partie d`un gigantesque réseau
arachnéen dont les fils, se soutenant les uns les autres, confè-
rent leur force à l'ensemble. Chaque fil est donc responsable du
reste et envers le reste. Lorsque nous n`assumons pas notre part
du fardeau, ou bien lorsque nous abusons d'une autre partie ou
la détruisons, ces actes blessent, quelquefois irrémédiablement,
toutes les autres parties et, souvent, entraînent un déséquilibre
de la vie totalement inattendu. "

"- Le doute, le sentiment de culpabilité, la réticence, la peur,
l'égoïsme, vouloir dire à Wakan Tanka quand et comment l'ac-
tion devrait être faite. "

Il fut enseigné à Fools Crow que Wakan Tanka se soucie des
besoins des hommes, et non de leur luxe. Si nous voulons du
luxe, il nous a donné à la naissance le pouvoir de travailler pour
l'obtenir. Après que les prêtres lui eurent parlé des récits de la
Genèse, Fools Crow comprit également ceci : l'arbre de la
connaissance du bien et du mal nous avertit que le bien repré-
sente pour nous et notre relation avec Wakan Tanka une menace
aussi grande que le mal.
« Quand la vie est trop bonne, dit Fools Crow, nous avons
une trop haute opinion de nous-mêmes et des bénédictions
reçues. Alors nous décidons que nous sommes les plus sages,
les favorisés, et croyons ne plus avoir besoin de Wakan Tanka
et des Auxiliaires. ››

* * *

Je quitte ces références pour proposer mon propre état d'esprit.

J'ai souvent constaté combien des personnes qui se pensent justes et généreuses sont capables de tolérer l'intolérable parce qu'elles ont peur d'agir d'une façon "mauvaise".
Le moyen le plus efficace de dominer les autres c'est de leur faire croire qu'ils sont mauvais, sans coeur, des moins que rien si ils ne se conduisent pas positivement ou comme monsieur tout-le-monde devrait se comporter.
Nous avons peur d'être naturel, c'est-à-dire de laisser s'exprimer notre vraie personnalité, notre vrai centre.
La joie, la tolérance, etc... c'est déjà en nous bien avant que l'égoïsme ne naisse.
Sous prétexte qu'être naturel c'est être instinctif, et qu'être instinctif c'est être dangereux, nous les condamnons.

Etre libre et généreux est notre nature véritable.

Un arbre, une pierre, un animal sont censés être dominés par l'instinctivité et l'égoïsme.
Nous savons que c'est faux, l'animal et même le végétal sont capables d'altruisme.
Tout comme les Hommes, chaque composant de la nature est doté de multiples potentiels.
Un animal peut se montrter instinctif et pourtant à un autre moment il sera très doux et fera preuve d'amour si ce n'est pas avec nous les adultes se sera avec les enfants.
Même un requin peut faire preuve de respect et de tolérance....: il peut lui aussi aimer les hommes, etc...


Celui qui ne voit dans l'arbre qu'un végétal utilitaire n'a rien compris.
Il s'agit d'un être sensible comme nous, d'une forme de Vie.

La science reconnaît maintenant une intelligence et une mémoire aux arbres...
Ils seraient même capable de communiquer entre eux si on se documente par exemple sur les acacias et leur intéraction avec les antilopes du type koudous.

Les acacias deviennent agressifs et dangereux à cause du tannin produit excessivement.
A l'état naturel, les acacias produisent une quantité tolérée par les antilopes.
Mais les koudous qui sont parqués dans des zones trop restreintes sont obligés d'ingérer les feuilles d'acacias de façon dangereuse pour les arbres.

Ce qui est intéressant à comprendre c'est que les arbres tolèrent le parasitisme liés aux koudous si ceux-ci ne font qu'ingérer une quantité "non dangereuse" de végétations.

Si l'arbre se sent menacer dans sa survie, il produit un excès de tannin, une substance rendant les feuilles indigérables.

Lorsque les arbres sont obéissent à la Volonté du Créateur, il y a adaptation et échange entre les espèces.
Quand l'accord est rompu le déséquilibre se produit.


Ainsi la nature n'est pas une gangue dangereuse qu'il faudrait apprivoiser.
Notre rapport avec l'environement naturel est faux et erronné.
Nous souhaitons posséder la nature au lieu de la respecter.

On nous apprends à la détester en nous inculquant combien elle est dangereuse et primitive.
L'Homme seul est capable d'amour et de tolérance par le fruit de son effort, nous répète le professeur ou le religieux.

L'étude des plantes et des animaux indique que c'est aujourd'hui une vision dépassée.

Notre essence est généreuse et joyeuse.
Le centre en nous est toujours actif.

 

Ce noyau de joie est recouvert par une insatisfaction qui a été surdéveloppée principalement par la sociabilisation abusive.

D'êtres libres et indépendants nous sommes devenus des esclaves.

 

 

 

 

 

Les sociétés modernes sont tyranniques et ont été crées par des tyrans.


Wikipédia:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Esclavage_en_Gr%C3%A8ce_antique

La plupart des auteurs antiques ne remettent pas en cause l’existence de l’esclavage. Chez Homère et les auteurs pré-classiques, l’esclavage est une conséquence inévitable de la guerre. Héraclite reconnaît ainsi : « Le combat est père de tout, roi de tout (…) : il a rendu les uns esclaves, les autres libres121 ».

À l’époque classique émerge l’idée de l’esclavage « par nature » : ainsi, comme le dit Eschyle122, les Grecs « ne sont ni esclaves, ni sujets de personne » tandis que les Perses, comme le résume Euripide123, « sont tous esclaves, sauf un » — le Grand Roi. Cette idée latente est théorisée à la fin du Ve siècle par Hippocrate : selon lui, le climat tempéré d'Asie mineure produit des hommes placides et soumis. Cette explication est reprise par Aristote dans son Politique, où il approfondit la théorie de l’esclavage par nature : « L’être qui, grâce à son intelligence, est capable de prévoir est gouvernant par nature ; l’être qui, grâce à sa vigueur corporelle, est capable d'exécuter est gouverné et par nature esclave »124. Contrairement aux animaux, l’esclave peut percevoir la raison mais il est « complètement dépourvu de la faculté de délibérer »125.

 


Ils nous ont habitués à devenir égoïstes en nous privant de nos libertés.
Ils ont créés des lois, des morales, des religions qui nous éloignent de l'équilibre et prône le bien seulement.
En mettant ce qui est bien d'un côté et mauvais d'un autre, nous nous séparons, déconnectons de notre nature réelle.

Nous devrions toujours être bien gentil, idéalement positif et jamais éprouver ou montrer l'inverse.
C'est impossible sauf dans un paradis imaginaire!
La nature se moque de nos codes et de nos lois sociales .
Quand il y a un tremblement de terre, que vous soyez un saint ou pas, tout le monde est affecté.

La Nature est Belle et utilise la mort, le mal, la destruction, etc... pour se régénérer ou équilibrer ce qui a tendance à stagner et à se cristalliser dans le positif.

Le problème le plus grand de l'humanité, la cause la plus profonde des souffrances, cause même de l'égoïsme c'est l'impression d'être bon ou mauvais.
Nous condamnons le mal comme si c'était une mauvaise herbe.
Vous pouvez couper l'herbe elle repoussera grâce à ses racines.


L'instinct est un guide de conduite naturel, spontanné qui permets d'être en adéquation avec la nature.
C'est parce que nous méconnaissons nos instincts, que nous refusons d'accepter notre part d'ombre que l'on vit dans le bien juste, dans la gentillesse, etc....
Nous sommes déconnectés des instincts par une morale qui nous pousse à refouler tout ce qui est mauvais ou plutôt considéré comme tel.

Au lieu d'accepter notre nature, notre essence qui n'est pas parfaite, qui n'est pas positive mais qui est ambiguë, plus complexe et difficile à cerner, à classer, nous préférons réagir selon des codes de bonne conduite.

Mais il n'est pas possible d'être bon en permanence!
Parfois, ce que nous appelons une mauvaise action, permettra de re-équilibrer et de déboucher sur un équilibre.


Si nous écoutions nos instioncts plus souvent nous serions capable de vivre équilibré.
Vivre en société complexe c'est perdre sa nature, son essence qui est libre.

L'instinct est considéré comme une sauvagerie dangereuse parce que nos sociétés sont basées sur le principê du bien, du noble, du juste.
Mais c'est une justice inventée par les hommes... pour servir les hommes et ignorer le reste.

Ne pas écouter son instinct s'est ne plus être capable de vivre naturellement.
Cela devient handicapant quand nous nous retrouvons seul dans la nature.
Nous sommes alors souffrant du manque d'amitiés, du manque de nourriture toute prête, etc...

L'Homme moderne fuit la nature et son instinct qui lui permettais de vivre en harmonie avec les autres espèces.

L'instinct ne rends pas mauvais, il s'agit d'une conduite équilibrée, d'une réaction innée qui vient du centre de notre être et non pas du cerveau.
Tout ce qui n'est pas intellectualisé n'est pas forcément mauvais.

Notre corps est spontannément régis sans notre intellect.
Il "sait" ce qui est bon pour lui et agis sans l'intellect.

L'intellect est un outil pratique pour vivre en société mais pas pour vivre dans la nature.

Les êtres sanguinaires et méchants ne sont pas des êtres instinctifs.
Ils sont monstrueux parce qu'ils n'ont pas été capable de se comporter de façon équilibrée à un moment précis.
Le comportement instinctif a été refusé alors qu'il devait s'exprimé.
Il faut être à l'écoute de ses instincts.
C'est cette inexpression, ce manque d'équilibre qui fait naître un dérèglement, des réactions inadéquates.

Nier notre part d'ombre conduit à un feu intérieur, à une soif d'équilibre qui peut même devenir violente et dangereuse si elle est totalement refoulée.
Ce serait comme construire un mur pour stopper l'écoulement d'un torrent.
L'eau s'accumule et finit par détruire l'obstacle au premier orage.

La nature a ses lois qui doivent être comprises par les hommes.
Plus l'homme connaîtra la nature et plus il sera sage.

Rien, n'est là par hasard, tout a été créé dans un but précis et tout s'équilibre.

Nous devons écouter à nouveau notre langage naturel qui sait nous guider et nous faire vivre dans le sens du Beau.
S'éloigner du Soi, du centre naturel, c'est devenir bien civilisé mais aussi déséquilibré.

Il y a quelque chose en nous qui nous éloigne de la nature, une prétention folle qui nous pousse à ne pas l'écouter et à vouloir la dominer.
Ce n'est pas quelque chose qui est là d'origine.
Cela s'est développé avec le temps, à force de s'éloigner de plus en plus du chemin naturel.
L'homme croit qu'il peut vivre sans écouter les lois de la nature, il se sent supérieur, il est fou.

L'homme moderne vise le bien absolu.
Il croit que plus on est bon et plus il y aura de paix sur la Terre.
Mais la paix auquel il aspire est une folie, une invention!
Rien n'est totalement parfait.

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