jachère de lupin pour fertiliser

La jachère de lupin fertiliserait-elle le sol?

Suite à la lecture du petit larousse des plantes qui guérissent de G. Debuigne et F. Couplan,on peut trouver des informations sur le lupin (lupinus albus).

"Utilisé comme engrais vert, le lupin non seulement fixe l'azote atmosphérique , mais permet aussi de rendre le phosphore stocké dans les profondeurs du sol."

 

Le fichier PDF , PS News n°9 indique :

 

 

" C’est justement ce que

cherche Claire Le Bayon dans le cadre du PRN Survie des plantes.

«Alors que j’achevais un contrat d’assistante à Rennes, le hasard a

voulu qu’au moment où je contactais le

professeur neuchâtelois Jean-Michel

Gobat, dont le laboratoire de sciences

des sols est très réputé, le Pôle se mettait

en place. Avec Karl Föllmi, Urs

Feller et Enrico Martinoia, Jean-Michel

Gobat souhaitait notamment savoir

comment la plante se débrouillait, au

niveau des racines, pour pallier à une

carence en phosphore», se souvient la

post-doctorante.

La bonne personne était trouvée. Ne

manquaient que les plantes. Ce seront

le lupin et le blé. Les graines sont

semées dans des cylindres de plastique

contenant six couches d’une

terre tamisée et humidifiée dont la

teneur en phosphore est relativement

faible. Des échantillons sont régulièrement

prélevés pendant une année

pour observer comment la structure du sol évolue sous l’influence

des racines. On analyse également les éléments chimiques, ainsi

que la matière organique en présence. Il s’avère que le lupin forme

des racines particulières qui excrètent des acides organiques

capables de libérer le phosphore lié à la matrice du sol. Quant au

blé, il s’associe à des champignons, les mycorhizes, pour favoriser

l’accessibilité de ce nutriment à la plante. Sans oublier l’action des

phosphatases, enzymes issues, entre autres, des racines et des

microorganismes du sol.

Les recherches menées par Claire Le Bayon sont par essence interdisciplinaires.

Géologues, physiologistes, microbiologistes, pédologues,

tous ces acteurs sont impliqués dans le projet PS4, pour la

coordination scientifique duquel elle joue un rôle non négligeable,

ainsi que dans le suivi d’une bonne partie expérimentale."

 

On trouvera aussi les informations suivantes:

"

Chasse au phosphore: le lupin fait mieux que le blé

 

Communiqué de presse du 29 septembre 2004 

Biologiste à l'Université de Neuchâtel, Claire Le Bayon a montré que le lupin blanc se débrouillait mieux que le blé pour libérer le phosphore présent dans le sol et l’utiliser pour sa croissance et son développement. Ses recherches, réalisées dans le cadre du Pôle de recherche national (PRN) Survie des plantes, ont été présentées ce mois-ci dans deux grandes conférences internationales en Allemagne.

Nutriment essentiel des plantes, le phosphore se terre volontiers dans le sol et se laisse souvent désirer. Mais contrairement à une idée fort répandue, ce n'est pas tant du manque de phosphore dont souffrent les plantes dans nos régions, mais plutôt de sa faible disponibilité à leur égard. Cet élément a en effet tendance à se lier facilement avec d'autres minéraux, comme le fer ou l'aluminium, ce qui le rend peu propice à l’absorption par les végétaux.

Réalisés par une équipe s'intéressant à la nutrition des plantes sous conditions de stress, les résultats signés par Claire Le Bayon et ses collègues ont été présentés début septembre à Eurosoil 2004 (Freiburg) et Rhizosphere 2004 (Munich). Il en ressort que lupin se distingue du blé par la formation de racines dites «protéoïdes », spécialisées dans l’acquisition du phosphate. Leur efficacité repose à la fois sur l’excrétion d’acides organiques et sur une production accrue d’une enzyme, la phosphatase acide. Le blé, quant à lui, s’associe à des champignons mycorhiziens. Ceux-ci fournissent à la plante les éléments minéraux tels que le phosphore ou l’azote en échange de quelques sucres produits par la plante lors de la photosynthèse. A l’instar de la phosphatase acide utilisée par le lupin pour acquérir le phosphore piégé dans le sol, les champignons mycorhiziens sécrètent, eux, une phosphatase alcaline.

L'un des intérêts de l'étude fut d'avoir suivi l'évolution du phosphore dans le sol lui-même, à différentes distances des racines et dans le temps. Elle a aussi eu le mérite de s'intéresser à deux plantes simultanément, alors qu'en général on se focalise sur une espèce à la fois. En pratique, il fallait effectuer des mesures physiques, chimiques et biologiques dans des échantillons de sol prélevés régulièrement autour des racines des deux plantes examinées. Outre des compétences d'écologie végétale, ce travail hautement interdisciplinaire a requis la collaboration de chercheurs en géologie, en physiologie végétale et en géochimie.

"Cette expérience est originale dans sa durée, explique Claire Le Bayon. Alors que la plupart des expériences réalisées jusqu’ici se déroulaient sur quelques semaines au plus, nos mesures s'étendent sur une année au minimum". Le second aspect original tient à la méthode choisie: on cultive les plantes dans des pots de grande taille contenant 8 kilos de sol formant une colonne de près de 35 cm de hauteur! Ce système imite mieux ce qui se passe dans les champs que ne le faisaient les travaux précédents, généralement conduits dans des petits pots.

Alors que le lupin a confirmé l’efficacité de ses racines pour la chasse au phosphore, les champignons mycorhiziens associés au blé ont été apparemment moins performants. "En ce qui concerne le blé, je suis un peu surprise du peu d’activité de la phosphatase alcaline, regrette Claire Le Bayon. Cette enzyme aurait dû en théorie être plus marquée dans le sol proche des racines, en raison justement des symbioses qui s’y déroulent. Quant aux acides organiques, le blé en sécrète une moins grande quantité que le lupin."

Afin de mieux comprendre le mécanisme si efficace d'acquisition de phosphore dans le sol développé par le lupin, une équipe de l'Université de Zurich étudie les facteurs génétiques impliqués dans la formation de ses racines particulières.

Contact:

Dr Claire Le Bayon
Université de Neuchâtel
Laboratoire d'écologie végétale

 

Pour terminer:

Le Lupin blanc est commestible et ne présente pas de toxicité (à la différence des autres variétés).
Il est très bien adapté à l'Ouest de la France.

Il s'agit d'une alternative au Soja utilisé en alimentation animale.


Valeur nutritive du soja selon l'Institut Scientifique d'Hygiène Alimentaire (L. Randoin):

grain entier(pour 100 g séché):

valeur calorifique: 422 kcal
eau:  7,5 g
protides: 35 g
lipides: 18 g
glucides: 30 g
cellulose: 5 g
Soufre: 323 mg
phosphore: 580 mg
potassium: 1830 mg
magnésium: 240 mg
calcium: 280 mg
fer: 8 mg
Zinc: 3 mg
cuivre: 0,9 mg
thiamine (B1): 1 mg
riboflavine (B2): 0,4 mg
acide nicotinique (PP): 5 mg
acide pantothénique: 1,4 mg

valeur nutritive du lupin blanc (lupinus albus) selon la fondation PROTA:

graines :

valeur calorifique: 371 kcal
eau:  10,4 g
protides: 36,2 g
lipides: 9,7 g
glucides: 40,4 g


phosphore: 440 mg

magnésium: 198 mg
calcium: 176 mg
fer: 4,4 mg
Zinc: 4,8 mg

thiamine (B1): 0,64 mg
riboflavine (B2): 0,22 mg

 

 

 

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